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Cloclo : ''Névroses et cicatrices'' pour décrypter la légende flamboyante

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Dévoiler l'homme derrière l'icône avec un budget de 20 millions d'euros et Jérémie Renier dans le premier rôle, tel était le défi audacieux du cinéaste Florent Emilio Siri, avec le long métrage Cloclo. S'il ne connaissait pas bien l'existence de Claude François avant de devenir le réalisateur du biopic consacré au chanteur, il nous explique ses motivations, ses ambitions et son regard particulier sur la légende. Rencontre.

Névroses et cicatrices

Certes, Florent Emilio Siri nous avait plus habitués aux films musclés comme Nid de guêpes, Otage et L'Ennemi intime. Cependant, quand des producteurs lui proposent de porter à l'écran le destin de Claude François et lui conseillent de voir un documentaire étonnant sur le chanteur, il voit là une belle matière pour une oeuvre sur le parcours incroyable d'un homme. De plus, c'était pour ce réalisateur formé par de nombreux clips (Côté Obscur d'IAM, pour ne citer que celui-là), - "une école formidable" dira-t-il -, le moyen de mélanger ses deux passions, le cinéma et la musique. En témoigne son plaisir manifeste à filmer les scènes musicales, comme ce fameux concert d'Otis Redding auquel assiste Claude François.

Avec son scénariste Julien Rappeneau, fils du réalisateur Jean-Paul Rappeneau et frère du compositeur Martin Rappeneau, il se lance dans l'écriture de ce projet. Florent Emilio Siri connaissait mal le personnage avant de démarrer le film, trouvant que Claude François se cachait derrière une image un peu lisse : "J'ai voulu raconter le film presque du point de vue de l'artiste et montrer ses névroses et ses cicatrices. Tous les artistes ont des fragilités qui construisent l'artiste qu'ils deviendront."

Sur l'écran, le réalisateur montre l'homme face à son destin extraordinaire : "C'est un peu notre Jim Morrison, notre Michael Jackson. Ils ont en commun la relation bizarre avec le père. Ils ne s'aiment pas physiquement. Claude François a fait aussi de la chirurgie esthétique. Ils ont aussi été bloqués dans l'enfance et n'arrivent pas à devenir des hommes. Claude François était incapable de devenir un père lui-même."

Ni une hagiographie ni un film à charge

Florent Emilio Siri l'affirme : ce n'est ni une hagiographie ni un film à charge. La volonté était de ne pas éluder certaines de ses facettes pour que le biopic soit le plus fidèle à l'homme. Dans Cloclo, Jérémie Renier incarne ainsi un homme aussi talentueux qu'implacable, aussi déterminé qu'obsessionnel. Un portrait qui n'a visiblement pas fait peur aux fils de la star, Claude François Jr et Marc François, producteurs associés du film, qui en ont eu l'idée et le portent depuis plus de dix ans. Pourquoi, selon le réalisateur, s'attaquer à la biographie de leur père ? "Parce qu'ils sont pères eux-mêmes et comme la plupart des gens ne le connaissent pas bien, ils avaient envie qu'on le raconte."

Dans Le Figaro, les fils François précisent : "Nous avons voulu montrer notre père tel qu'il était vraiment. Avec ses défauts et ses qualités. Ainsi pourrons-nous gagner une nouvelle génération de fans." Héritiers de Cloclo, les deux fils ont d'abord eu les récoltes d'un homme ruiné, après sa mort le 11 mars 1978. Puis, avec le tube posthume Alexandrie, Alexandra et l'ensemble de ses disques dont les ventes ont explosé après sa disparition, les porte-monnaie se remplissent. De Claude François, ils n'ont gardé que des souvenirs vagues, ceux d'enfants qui ont perdu leur père trop tôt, mais sur son patrimoine, ils miseront beaucoup, pas toujours avec succès. Ce long métrage était attendu au tournant, les premières critiques sont enthousiastes, qu'en sera-t-il du box-office ? Réponse dans les salles dès le 14 mars.

Sur les écrans s'exposera donc un Claude François à la fois spectaculaire et intime. Florent Emilio Siri a voulu montrer ses coups d'éclat comme ses zones d'ombre méconnus des générations post années 1970, le fait d'avoir caché l'existence de son second fils par exemple ou son faux malaise en plein concert. Quelque soit l'avis de Marc et Claude François Jr, il était hors de question pour le réalisateur de ne pas montrer cela aux spectateurs.

L'enthousiasme des fils pour le film est en opposition totale avec l'opinion qu'en a Josette, la soeur de Claude François, qui désapprouve le biopic. "Etant donné que je ne me suis pas entendue avec mon neveu Claude François Junior, je n'ai pas participé à l'élaboration du film et je ne souhaite pas apparaître pendant la promotion." Florent Emilio Siri nous apporte ses éclaircissements, sans trop se mêler à cette querelle familiale : "C'est une histoire entre les héritiers et elle. Elle voulait un chèque mais il n'y avait pas de raison qu'elle en ait. Elle s'est fâchée avec ses neveux qui eux ont travaillé sur le film, pas elle." Il finira le sujet sur cette phrase : "Cette histoire ne me regarde pas."

L'acte manqué

Retour sur le personnage passionnant de Claude François. Après avoir réalisé ce film, le cinéaste décrit Claude François comme une personnalité haute en couleur et un homme très moderne : "Il avait quinze ans d'avance sur tout le monde et un sens du marketing incroyable. Il captait l'air du temps et a fait une carrière business. Je n'ai jamais acheté un de ses disques et je connais toutes ses chansons. On ne peut pas trouver un artiste avec lequel on peut le comparer, c'était un véritable showman."

Cloclo trace donc le destin de Claude François, de son enfance en Egypte jusqu'à sa mort, soudaine. Florent Emilio Siri estime que son décès est un acte manqué : "Il mettait la barre de plus en plus haut. Son nouveau défi était de conquérir les Etats-Unis. Il voulait faire découvrir aux Américains que c'était lui l'auteur de My Way." Sans parler de la folie du disco : "Si Patrick Hernandez cartonne avec Born to Be Alive, pourquoi pas lui ?" Mais toutes ses ambitions créent de nouvelles angoisses : "Il se perd de plus en plus." Ses obsessions et sa peur de vieillir auraient-elles entraîné son acte manqué ?

Mais comment filmer la mort de l'icône Claude François ? "J'ai tourné la scène finale comme une scène de thriller à la Hitchcock. Le spectateur devient la star qui prend sa douche, ça dure. Je crée le suspense. Je ne voulais pas de quelque chose de sordide. Je voulais être sur la réaction, le téléphone qui sonne pour annoncer un drame. A la fin du film, il fait un peu partie de nous."

Samya Yakoubaly

Cloclo de Florent Emilio Siri, au cinéma le 14 mars, avec Jérémie Renier, Ana Girardot, Monica Scattini, Benoît Magimel et Joséphine Japy.

Interview exclusive. Ne pas citer sans la mention Purepeople.com


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