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Obsèques de Mano Solo : L'émotion de sa famille et d'une foule d'anonymes, recueillis au Père-Lachaise...

Obsèques de Mano Solo, au Père-Lachaise, le 14 janvier 2010 : une émotion et un recueillement partagés par la famille, les proches et quelques dizaines d'anonymes endeuillés...
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Obsèques de Mano Solo, au Père-Lachaise, le 14 janvier 2010 : une émotion et un recueillement partagés par la famille, les proches et quelques dizaines d'anonymes endeuillés...

Réactualisation de 20h00 : Malgré l'invitation "lancée" par son beau-père Jean-Louis Soulié, qui avait évoqué une cérémonie "ouverte à tous", les bouleversantes obsèques d'Emmanuel Cabut, dit Mano Solo, se sont faites dans la stricte intimité de sa famille et d'une poignée d'admirateurs endeuillés. Par les quelques photos ci-dessus, nous vous proposons de joindre une fois encore vos pensées pour célébrer la mémoire d'un chanteur dont la voix et les mots, d'une acuité vitale, n'ont pas fini d'hanter l'existence ici-bas. On se contentera de remarquer que les personnalités publiques furent fort rares à se manifester et à se déplacer - outre celles que nous avons mentionné ci-après, vous découvrirez sur les clichés les écrivains, fameux notamment pour leurs contributions à Charlie-Hebdo, François Cavanna et Jackie Berroyer.

Dans les allées du Père-Lachaise comme sur les quais, c'est Chacun sa peine, comme le chantait Mano Solo au début des années 1990... Disparu le 10 janvier à l'âge de 46 ans, Emmanuel Cabut, plus connu sous le nom de scène de Mano Solo, a définitivement laissé derrière lui la mémoire qu'il avait abandonnée à "29 ans du matin", et rejoint pour l'éternité la Mort, qu'il a tellement tancée de son vivant.

"Il s'approche et s'accroche à mon corps raviné pour enfin l'avaler
Ceux qui en reviennent disent que c'est tout blanc
Et que pour une fois c'est apaisant
" (A pas de géant)

Lui dont les rêves avaient la peau dure, qui surmontèrent en musique pendant plus de 20 ans le sida, les affres de la solitude et l'ironie de la condition mortelle, a fait son ultime voyage en bonne compagnie. Quelques semaines après la parution de son dernier album, Rentrer au port, c'est escorté par une foule d'anonymes chagrinés, écho poignant à la chanson endeuillée Le monde entier ("Le monde entier/N'a pas chialé/Le monde entier/N'est pas là pour ça") que Mano Solo a mis les voiles et posé les amarres sur l'autre rive - en espérant qu'il ait tenu sa promesse de A pas de géant : "et bras d'honneur à l'arrivée".

Sous un soleil pâle, un soleil qui semble s'effriter comme dans cette même chanson ("La vie est un chemin d'argile qui sous le soleil s'effrite/Où l'on s'embourbe sous la pluie et qui ne tient que gelé par l'hiver/J'avance dans le froid, sa morsure me fait courir/Phillipides maudit ma grande nouvelle à bras le corps/Je bute, tombe et repars laissant là un bout de ma vie"), des centaines de personnes avaient entendu le message de Jean-Louis Soulié, le beau-père de l'artiste, qui avait annoncé une cérémonie "ouverte à tous", et grossissaient le cortège de la famille et des proches, marguerite blanche à la main.

En présence de Christophe Girard, adjoint à la Mairie de Paris en charge de la culture, Isabelle Monin, la mère d'Emmanuel, a commencé par prendre la parole, comme le rapporte le site 20minutes.fr : "Il aurait aimé que vous soyez tous là. Il savait qu'en nous quittant, il déchirerait le coeur de sa petite Alice. Il a lutté des semaines devant des médecins incrédules. Merci à tous d'être là et n'oubliez pas : vive la révolution !"

En alternance avec les chansons du défunt, reprises en choeur par le cortège qui lève le poing comme un seul homme, les oraisons se succèdent. Une de ses soeurs enjoint : "Il n'y a qu'une seule vie après la mort, celle de ceux qui restent. N'oubliez pas, reprenez le flambeau". Et l'autre soeur d'Emmanuel, constatant sinistrement que "c'est la dernière fois que notre tribu est au complet", de revenir sur la douleur de la découverte du sida chez son frère, il y a plus de 20 ans : "1987, le ciel nous est tombé sur la tête : l'espérance de vie de notre petit Mano était comptée".

Si Mano Solo avait fait sensation en partageant publiquement la nouvelle de sa séropositivité sur scène lors d'un concert de 1995, le diagnostic, lui, remontait à 1986, comme il s'en était longuement épanché, de manière bouleversante, dans un entretien accordé en 1997 au Nouvel Observateur : "En une seconde, j'ai basculé dans un autre monde, je n'étais plus le même homme. Et puis, surtout, une oppression : je crois que j'ai perdu ma liberté, ce jour-là. L'insouciance, la liberté de se tromper, de perdre du temps..."

Après le cercle des intimes, les admirateurs endeuillés ont pu approcher par petit groupe de la sépulture pour s'y recueillir.

Une communion de tendresse et de douleur à laquelle nous mêlons les mots, prémonitoires et testamentaires, de Mano Solo au Nouvel Obs en 1997 (et nous vous invitons chaudement à redécouvrir l'intégralité de cet entretien en cliquant ici) :

"C'est la peur de mourir qui se remplace par la peur de vivre. Est-ce que ça va être dur de vivre, comme les gens, jusqu'à 60 ans ? Je n'y ai jamais cru. J'ai toujours vécu au coup par coup, et là l'horizon s'étale. Pas vraiment, parce que je n'y crois pas encore assez. Mais j'aimerais bien arrêter de courir de temps en temps. Il y a six mois, je me suis organisé : j'ai loué un nouvel appartement, pour y crever. Je me suis même demandé si je n'allais pas acheter un trou au Père-Lachaise, une concession. Et puis tout d'un coup, tu te dis que tu n'en as peut-être pas besoin tout de suite.
Maintenant, ce qui est nouveau, c'est mon changement d'état d'esprit : passer d'une vie complètement morbide à un volet qui s'ouvre peut-être, et laisse entrer un peu de soleil. L'espoir, c'est de me sauver la vie, même si je ne crois pas que les médecins y arriveront.
Finalement, passer encore trente ans avec cette menace dans les veines, ça ne me branche pas non plus.
"

G.J.

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