En plein Madrid, Antoine Griezmann a ouvert une boutique consacrée aux cartes à collectionner. Cristiano Ronaldo est à la tête d'une chaîne d'hôtels présente dans quatre pays. Théo Gomis, ancien joueur du FC Sens, s'est lancé dans l'aventure entrepreneuriale avec un bar à desserts à Sens, tandis que Dimitri Payet a créé une plateforme 100 % football destinée à transmettre les secrets des professionnels. Les reconversions des anciens footballeurs sont nombreuses et parfois surprenantes. Celle de Samuel Darchy ne déroge pas à la règle. L'ancien attaquant professionnel a choisi de tourner définitivement le dos au ballon rond pour revenir à ses racines, au cœur de la Lozère.
Passé notamment par le Pau FC et Clermont, Samuel Darchy, aujourd'hui âgé de 46 ans, mène désormais une vie bien différente. L'ancien buteur a repris l'exploitation agricole familiale sur le Causse Méjean, où il élève des brebis et des bovins. Entre les foins, les moissons, les soins aux animaux et les multiples tâches quotidiennes qu'impose le métier, ses journées sont désormais rythmées par les saisons. Pourtant, cette reconversion n'a rien d'un coup de tête. "J'ai toujours dit que je reviendrai ici", confie-t-il à Ici, anciennement France Bleu. Même lorsqu'il évoluait dans les clubs professionnels, il profitait de chaque trêve pour retrouver la ferme familiale. "J'étais dans un tracteur ou en train de bricoler. J'ai toujours gardé un pied dans l'agriculture", raconte-t-il. Lorsque sa mère s'est approchée de la retraite, la transmission de l'exploitation s'est faite naturellement. Après plusieurs années passées ensemble au sein d'un GAEC (Groupement Agricole d'Exploitation en Commun), il a repris seul les rênes de la ferme. "Je pense qu'elle est fière que l'exploitation perdure", explique-t-il.
Si cette nouvelle existence est exigeante, Samuel Darchy affirme ne rien regretter. "Quand c'était le moment de jouer, je me suis régalé. Aujourd'hui, je me régale dans mon métier d'agriculteur", assure-t-il. L'ancien footballeur apprécie la diversité de son quotidien, même si les difficultés sont bien réelles. Quelques heures avant l'entretien, il avait dû faire face à une nouvelle attaque de loup sur son troupeau de brebis. "Ce sont des soucis dont on pourrait se passer. Ce n'est pas comme ça qu'on valorise le pastoralisme", déplore-t-il. Et puis aussi, lui qui a connu la gloire comme footballeur regrette le manque de reconnaissance accordé aux agriculteurs. "Beaucoup oublient qu'on a besoin de nous trois fois par jour. Un agriculteur nourrit les gens le matin, le midi et le soir", rappelle-t-il. Aujourd'hui, il a trouvé son équilibre. Il continue simplement à entraîner les jeunes de son village de temps à autre, tout en restant profondément attaché à sa terre. Après avoir vécu dans plusieurs régions au fil de sa carrière, son choix est sans appel : "La Lozère et le Causse Méjean restent numéro un sur le podium." Une déclaration qui résume parfaitement cette seconde vie, loin des stades mais au plus près de ses convictions.