En 2011, Annie Girardot nous quittait des suites d’une longue lutte contre la maladie d’Alzheimer dont elle souffrait depuis plusieurs années. Immense actrice à la carrière longtemps mésestimée par le cinéma français, elle a eu une fille avec l’acteur italien Renato Salvatori, Giulia Salvatori. Autrice du livre "Annie Girardot, la mémoire de ma mère" aux éditions Michel Lafon, l’actrice était revenue sur les ondes d’Europe 1 sur le jour où celle qui lui a donné la vie est partie. "Ça s’est passé superbement bien; Elle était avec moi et avec ma fille. Elle a fermé les yeux, elle nous a dit ‘au revoir’ et elle est partie paisiblement", s’était-elle souvenue, "C’est la plus belle chose qui pouvait lui arriver. Ça a été très dur pendant plus de dix ans, et on voit dans son visage que c’est un soulagement."
Les derniers instants d’Annie Girardot, c’est un sujet que Giulia Salvatori n’hésite pas à évoquer en public, toujours avec pudeur et sincérité. Sur le plateau de Mireille Dumas en 2007, alors que sa maman était encore en vie, elle était revenue sur son rôle d’aidant pas évident au quotidien. "Je ne suis plus sa fille, je suis sa maman", affirmait-elle. Quand la journaliste lui demandait alors comment l’appelait sa mère, elle répondait en toute transparence : "Elle m’appelle de temps en temps ‘maman’ puis ‘ah non tu es ma fille, mais enfin que je suis bête’, et après ça passe mais toi tu t’en prends plein la gueule".
Dans cette même interview, lorsque Mireille Dumas demandait à Giulia Salvatori si les amis d'Annie Girardot l'entouraient dans cette terrible épreuve, Giulia riait jaune et affirmait non sans amertume : "Pas beaucoup". L’occasion pour la journaliste de rappeler que dans son livre elle déclarait "Quand tout allait bien, elle avait une véritable cour, elle a même été plumée tellement elle était généreuse". "Tout le monde allait à table, mais au moment de sortir la carte, c’était Annie", poursuivait alors la fille de la défunte actrice qui formait un couple torride avec Claude Lelouch. Une déclaration concordant avec les mots francs de Brigitte Bardot après sa mort, affirmant qu’elle avait été abandonnée par les gens du métier.