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Kings of Leon : Les Followill, Gallagher américains, tués par le syndrome Oasis

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Surréaliste. On a d'abord cru avoir affaire à un malaise de rockeur, rien d'indécent pour la scène musicale, et on se retrouve spectateurs d'un coup de blues à la Oasis - pas encore fratricide et fatal au groupe, mais... wait and see. Pour les Kings of Leon, l'implosion n'a pas eu lieu en coulisses (celles de Rock en Seine, pour les frères Gallagher), mais s'est carrément amorcée sur scène (celle du Gexa Energy Pavilion de Dallas, pour les frères Followill) vendredi dernier.

Caleb Followill à la dérive...

Suite à un véritable fiasco, le frontman Caleb Followill étant incapable d'aller au-delà dd'une demi-heure de show faute de voix, ce sont deux concerts, puis carrément toute la tournée estivale des Kings of Leon qui a été annulée. Officiellement, en raison des problèmes vocaux et de l'état de fatigue de Caleb, officieusement parce que le groupe sudiste est en crise et joue sa survie.

On savait bien que quelque chose clochait au sein de la bouillante fratrie de Nashville, depuis qu'elle s'était laissé caresser par les sirènes du succès en s'aliénant et en poliçant ce garage-rock aux arômes bruts et rugueux de rock sudiste qui était pourtant sa signature vivifiante. Avec les albums plébiscités Only by the night (comprenant les tubes radiophoniques et festivaliers Use somebody et Sex on fire) et, dernier en date, Comes around sundown (paru en octobre 2010), le sentiment d'un crépuscule artistique baigné d'arena rock et d'héroic rock dominait. Loin, très loin des débuts assez vintage et abrasifs de Youth and Young Manhood (2003, 4 ans après la création du groupe), et la nervosité grunge du fondateur Aha Shake Heartbreak (2004). Les frères rebelles, d'autant plus rock n'roll qu'ils vécurent leurs jeunesse dans le giron de leur précheur de père, se laissaient donc domestiquer par l'appétit mainstream, dessinant soudain de grands hymnes verbeux, efficaces, surtout sur les masses, et raflant une floppée de distinctions (Grammy Awards, mais aussi Brit et NME Awards, récompenses anglaises, le pays où le rock contemporain s'appelle autant Coldplay que Muse...) pour s'être fondus dans le moule avec talent. Un peu comme si la popitude sirupeuse des Counting Crows (qu'on identifie par exemple sur des titres comme Pyro - à noter que les voix d'Adam Duritz et de Caleb Followill, d'ailleurs, ne sont pas tout à fait étrangères) avait voulu s'éclater avec la fièvre de Bloc Party, le tout saupoudré de mode arena rock et de sédatifs.

Bref, qu'il ait fallu lire cette évolution artistique comme contre-nature ou pas, que les raisons soient ailleurs ou bien là, Kings of Leon va mal, et le malaise éclate au grand jour.

"Des problèmes plus graves que le seul fait de ne pas boire assez de Gatorade."

Vendredi 29 juillet, à Dallas, l'illusion aura tenu quatre chansons. A peine quelques minutes de show, et, sur la scène du Gexa Energy Pavilion, Caleb Followill se répandait devant 15 000 fans survoltés : "Ma voix a totalement disparu, à 100%." Et de se lancer dans une tirade confusément baragouinée à base de "je n'ai aucune idée de ce que je vais faire" et de "j'aime ma femme infiniment". Lily Aldridge, fameux mannequin Victoria's Secret qui a effectivement convolé avec Caleb Followill le 12 mai 2011 après quatre ans de romance, appréciera. Ou pas. Finalement, la fin du soliloque en fut le moment le plus intelligible : "Je vais aller en coulisse et je vais vomir. Je vais boire une bière, et je vais revenir pour trois chansons de plus." Oh, really ? Sans surprise, Caleb ne ressurgit pas. Au bout de 20 minutes d'attente pour le public médusé et bouillant, c'est le frangin Jared et le cousin Matthew, jeune papa, qui apparaissent pour excuser le frontman et tenter de sauver les meubles... sans épargner le coupable : "Caleb n'est pas vraiment en état de continuer le concert. Ce n'est vraiment pas notre faute, c'est Caleb." Et voilà, game over, la salle se vide.

C'est par le biais de Twitter que Jared Followill est revenu, plus tard dans la soirée, sur l'incident, dans des termes pas franchement rassurants : "Dallas, je ne peux pas vous dire à quel point je suis navré. Il y a des malaises et des problèmes internes qu'il faut régler." Et de compléter ensuite : "Je sais que vous n'êtes pas idiots. Je ne peux pas mentir. Il y a au sein du groupe des problèmes plus graves que le seul fait de ne pas boire assez de Gatorade." Manière d'insinuer que les dérapages alcooliques ne sont pas les plus inquiétants.

Confirmant l'idée d'une crise de fond, le groupe annonçait lundi l'annulation du reste de sa tournée à travers les Etats-Unis, invoquant cette fois le motif politiquement correct de la voix et de la fatigue de Caleb et la nécessité de marquer une pause. La tournée mondiale, elle, est pour l'instant maintenue, et les Kings of Leon sont censés reprendre la route fin septembre au Canada.

Comment finira la baston des "Gallagher américains" ?

Le seul à ne pas s'être fait remarquer, dans la tempête, est Nathan Followill, batteur de la formation. Un silence sans doute révélateur : impossible d'ignorer en effet que c'est entre l'égotripé Caleb et lui que le torchon brûle depuis toujours. Des tensions que l'essor colossal des KoL ces trois dernières années ont dramatiquement accrues : lors de l'enregistrement du dernier album, une improbable bagarre a éclaté en studio entre le petit génie auto-proclamé de la bande et son batteur de frère, tous deux éméchés et que leur entourage a sciemment laissés s'expliquer après une remarque très blessante. Résultat : un bras cassé pour Caleb, des contusions pour Nathan. Et une réputation désormais entérinée d'équivalent américain des frères Gallagher d'Oasis. Pas de bon augure pour la suite.

Ironie du sort, le documentaire qu'a consacré au groupe le journaliste Stephen C. Mitchell doit être à l'honneur cet été après avoir été présenté en avril au festival de TriBeCa (et en juin en Ecosse), à New York. Talihina Sky: The Story of the Kings of Leon, un document de 87 minutes baptisé d'après une ancienne chanson des Kings of Leon, retrace le parcours des frères Followill depuis la banquette de l'Oldsmobile de leur père Ivan sillonnant les routes du sud des Etats-Unis pour prêcher la bonne parole jusqu'aux scènes rock. En gros, d'une vie un brin cutéreuse régie par la bible au lifestyle de méchants rockeurs. Le documentaire doit passer en télé outre-Atlantique le 21 août, sur Showtime.

Et pendant ce temps-là, on réécoute, d'humeur crépusculaire, l'ouverture de Comes around sundown, dernier album (en date ou tout court ?) des Kings of Leon : "This could be the end", entend-on...

Guillaume Joffroy

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