Ce jeudi 23 avril 2026, l’assemblée générale de LVMH au Carrousel du Louvre a pris une tournure très personnelle lorsque la question de l'avenir de la direction a été posée par un actionnaire. Bernard Arnault, le PDG de 77 ans, a tranché le débat avec une pointe d'ironie : "Les enfants, vous les avez vus, est-ce qu’ils ont l’air très ambitieux ? C’est à vous de me dire. Vous m’avez renouvelé l’année dernière à 99 % pour 10 ans donc on reparlera de tout ça dans 7-8 ans". Par cette déclaration, le leader mondial du luxe repousse officiellement toute discussion sur son remplacement à l'horizon 2033 minimum.
Pourtant, le milliardaire avait soigneusement préparé le terrain en mettant en scène ses cinq héritiers durant la séance. Tour à tour, les membres de la fratrie ont pris la parole pour présenter leurs activités respectives au sein de l'empire. Jean Arnault, directeur de l’horlogerie de Louis Vuitton, a ouvert le bal, suivi de Frédéric Arnault, PDG de Loro Piana, puis d’Alexandre Arnault, directeur général délégué de Moët Hennessy. Les aînés ont conclu cette présentation familiale, avec Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, et enfin Antoine Arnault, en charge de l'image, des médias et de l'environnement.
Malgré cette revue d'effectifs, Bernard Arnault a insisté sur le fait que la priorité actuelle restait la stratégie à moyen terme plutôt que les noms des successeurs : "Ce qui compte le plus, c’est où sera-t-on dans 5 ans, quelle va être la nature du groupe dans 5 ans."
Cette vision s'inscrit dans un contexte où le groupe renforce sa gouvernance avec des dirigeants expérimentés pour encadrer la nouvelle génération, assurant ainsi une stabilité opérationnelle alors que le secteur du luxe connaît un certain ralentissement.
Le PDG a également profité de cette tribune, comme le rapporte Challenges, pour livrer un message géopolitique tranché, comparant la rapidité de développement en Asie à la « lourdeur de notre vieille Europe ». Citant l'exemple du magasin amiral « The Louis » inauguré à Shanghai en 2025, il a souligné avoir reçu les félicitations des autorités locales, ajoutant qu'une telle prouesse architecturale n'aurait jamais pu voir le jour sur la place de la Concorde à Paris en raison d'une bureaucratie trop complexe. Pour Bernard Arnault, le cap est donc clair : l'expansion internationale et la performance économique priment sur les questions de succession, dont il ne souhaite plus entendre parler avant la prochaine décennie.
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