En 1999, Bernard Arnault frappait un grand coup dans l’univers des vins d’exception en intégrant le mythique Château d’Yquem au portefeuille de LVMH. Une acquisition hautement symbolique pour le géant français du luxe, déjà propriétaire de maisons prestigieuses dans la mode, la beauté et les spiritueux.
Selon Les Echos, l’opération avait en réalité débuté dès 1996, lorsque le groupe de Bernard Arnault avait pris une participation majoritaire dans le célèbre domaine du Sauternais à la faveur de dissensions au sein de la famille Lur-Saluces, propriétaire historique des lieux depuis le XVIIIe siècle. Mais comme le précise aujourd’hui le site officiel de LVMH, c’est bien en 1999 que le groupe a officiellement acquis le domaine et intégré pleinement Château d’Yquem à son empire du luxe. Le montant de la transaction n’a jamais été officiellement confirmé, mais il aurait été estimé à environ 550 millions de francs (130 millions d'euros aujourd'hui), valorisant l’ensemble du domaine autour d’un milliard de francs.
Classé seul “Premier Cru Supérieur” lors du mythique classement de 1855, Château d’Yquem occupe une place unique dans l’histoire du vin français. Le domaine, installé au cœur du Sauternais, bénéficie d’un terroir exceptionnel et d’un savoir-faire transmis depuis plusieurs siècles. Le site officiel de LVMH rappelle d’ailleurs que l’histoire du château remonte à 1593 et que plusieurs générations des familles Sauvage puis Lur-Saluces ont contribué à bâtir sa réputation mondiale.
À l’époque, cette opération représentait surtout une formidable opportunité d’image pour Bernard Arnault. Avec Yquem, le patron de LVMH ne s’offrait pas seulement un vignoble prestigieux : il ajoutait à son portefeuille un véritable symbole du luxe à la française, capable de côtoyer naturellement des maisons comme Louis Vuitton, Dior ou Guerlain.
Inutile de préciser que ce vin d’exception peut aujourd’hui être proposé dans certains établissements ultra haut de gamme liés à l’univers LVMH et fréquentés par une clientèle internationale fortunée, à l’image de La Vague d’Or à Saint-Tropez, table emblématique de la Cheval Blanc St-Tropez.
Pour rappel, la prise de contrôle avait toutefois suscité de fortes tensions familiales. En effet, Alexandre de Lur-Saluces, figure emblématique du château, s’était longtemps opposé à cette vente et craignait que les exigences de rentabilité d’un grand groupe ne mettent en péril l’extrême rigueur qualitative du domaine. Car chez Yquem, chaque millésime relève presque de l’orfèvrerie : certains raisins sont récoltés grain par grain afin de préserver l’excellence du vin.
Néanmoins, près de trente ans plus tard, LVMH semble avoir réussi son pari. Le prestige de Château d’Yquem demeure intact et le domaine continue d’incarner l’excellence absolue des grands liquoreux français.