Lorsque l’on pense à LVMH, on imagine tout de suite un sac Vuitton, une bouteille de Veuve Clicquot ou un parfum Dior. Normal, l’empire présidé par Bernard Arnault, fort de soixante-dix marques, est tout simplement le premier acteur mondial de l'industrie du luxe. Ce n’est pourtant pas le seul secteur dans lequel le géant français entreprend. Hôtellerie, médias, joaillerie : il a des ramifications dans d’innombrables domaines, y compris dans le sport. Et c’est tout sauf un hasard.
Dans un article publié en octobre 2024, le journal L’Équipe revenait sur les liens forts que la famille a établis avec le milieu sportif. Bernard Arnault, qui était encore en juin 2024 considéré comme l’homme le plus riche du monde, et dont les qualités de manager ne sont plus à démontrer, a pour sa part toujours aimé le tennis. Grand admirateur de Roger Federer, expliquaient nos confrères, il lui est même arrivé d’échanger quelques balles avec lui. Une proximité qui s’est d’ailleurs retrouvée dans le business, le joueur suisse étant un ambassadeur de la marque Moët & Chandon. À l’instar de cette collaboration, la célèbre griffe a noué des partenariats avec le nageur quadruple champion olympique Léon Marchand, les footballeurs Kylian Mbappé et Lionel Messi ou le basketteur Victor Wembanyama : que des champions !
Entre LVMH et le sport, tout s’est accéléré en 2023... Au cours de cette année, LVMH a annoncé devenir partenaire premium des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Une aubaine pour le comité d’organisation qui, grâce aux 150 à 200 millions d’euros de contribution de la marque, a pu boucler son budget. Contrepartie : une très forte visibilité durant l’événement…
Pour la cérémonie d’ouverture, le 26 juillet 2024, Lady Gaga, Aya Nakamura, Juliette Armanet et Céline Dion portaient du Dior. Les médailles ont été dessinées par Chaumet. Dans le clip précédant l’allumage de la flamme, le porteur descendait des toits de Paris pour traverser les ateliers Vuitton, marque dont on retrouvait le célèbre damier ornant les plateaux de remise de médailles.
"Quand on aime, on ne compte pas", s’était réjoui Antoine Arnault. Directeur de l’Image et de l’Environnement chez LVMH, membre du conseil d’administration de LVMH, il a été le véritable artisan de ce partenariat. Le fils aîné de Bernard Arnault, né il y a tout juste 49 ans ce 4 juin de sa précédente union avec Anne Dewavrin, s’était jusqu’alors cantonné lui aussi au secteur du luxe. Après avoir dirigé la célèbre marque de chaussures Berluti, il avait été nommé président de Loro Piana, une entreprise italienne spécialisée dans le traitement du cachemire, de la vigogne et de la laine extrafine.
Le mari de Natalia Vodianova avec qui il s'apprête à avoir un troisième enfant, n’a cependant pas attendu les J.O. de Paris pour s’intéresser au sport. Si, en tant que patron de Berluti, il habillait dans les années 2013 et 2014 l’ancienne star du PSG Zlatan Ibrahimovic, lui-même pratique assidûment deux disciplines : le golf, mais aussi le tennis. À en croire L’Équipe, ce serait même un joueur émérite sur le court. Mais une autre passion anime Antoine Arnault depuis de longues années : le ballon rond.
Régulièrement, on l’a vu, accompagné de ses enfants, dans l’enceinte du Parc des Princes. Depuis le carré VIP ou, révèle L’Équipe, depuis l’espace donnant sur le couloir d’accès au terrain où l’homme d’affaires possède plusieurs places assises, il a encouragé avec les siens les joueurs du PSG.
Depuis un an et demi, c’est toutefois pour une autre équipe de la capitale que son cœur bat : le Paris Football Club. Lancé par la Fédération française de football en 1969 pour doter la capitale d’une équipe digne de ce nom, le club naît dans la confusion et fusionne dans un premier temps avec le Stade Saint-Germanois pour donner… le PSG. Mais deux ans plus tard, c’est la scission.
Hélas, le PFC a beau avoir gagné en indépendance, ses résultats ne suivent pas. Après deux années passées en première division, le club descend à des niveaux inférieurs et laisse son jumeau, le PSG, prendre toute la lumière… Il faudra attendre 32 ans et l’année 2015 pour retrouver le PFC dans l’élite et la Ligue 2.
… Et presque dix ans de plus pour que s’opère le vrai virage. En novembre 2024, via sa holding familiale Agache, le groupe LVMH s’offre le Paris Football Club. "Le Paris FC appartiendra à ma famille", s’enthousiasme Antoine Arnault lors de la conférence de presse organisée à l’occasion du rachat. Reconnaissant que cet investissement est "différent de nos activités classiques", le grand frère de Jean Arnault, dernier de la fratrie qui grandit très vite dans le groupe, explique qu’avec cette acquisition, "l’idée est de rendre à la société, à Paris, à notre pays, ce qui nous a été donné". "Faire les choses progressivement, sans brûler les étapes", ajoute le nouveau propriétaire, probablement satisfait d’assister, il y a tout juste un an, à la montée de son club en Ligue 1. "Si nous ne souhaitons pas gaspiller notre argent, nous ne faisons pas cela pour en gagner", avait précisé Antoine Arnault, détaillant l’ambition des nouveaux propriétaires de s’appuyer sur "les belles valeurs populaires" du PFC afin d’en faire un club "à l’anglaise", fondé sur "le respect de chacun et l’humilité".
Après avoir évolué durant la dernière saison dans l’enceinte du stade Charléty, dans le 13e arrondissement, le PFC s’est offert pour son retour dans l’élite du foot le bel écrin du stade Jean-Bouin, situé dans le 16e arrondissement de Paris. Écharpe nouée autour du cou, vociférant, encourageant rageusement ses joueurs depuis les tribunes, Antoine Arnault a donné de sa personne pour porter haut les couleurs de cette autre place forte du football parisien.
Alors que son grand frère le PSG vient de remporter son deuxième titre européen consécutif, le nouveau dirigeant du PFC se rêve peut-être un destin similaire. Le 20 mai dernier, sur l’antenne de RMC, Antoine Arnault répondait en creux à la rumeur du moment indiquant que le stade Jean-Bouin pourrait rapidement être trop petit pour les ambitions du nouveau club parisien. "Si le PSG décide de partir et de laisser le Parc vacant, bien évidemment, on regardera et ça pourrait être une solution." Une solution pour devenir les nouveaux princes de Paris ?