C’est à l’âge de 57 ans que Maïtena Biraben a découvert son triple diagnostic d’autisme, de TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) et de HPI (Haut Potentiel Intellectuel). Un diagnostic médical tardif qu’elle accepte d’évoquer en toute transparence. Si l’animatrice assure être soulagée de pouvoir mettre des mots sur ce qu’elle ressent, elle rappelle toutefois que ce cheminement n’a pas été évident. “J'ai été surprise, comme beaucoup de gens, je pense, de découvrir à quoi ? 57 ans ? 57 ans, oui, que je suis neuroatypique”, a-t-elle débuté. Dans la suite de son témoignage, Maïtena Biraben met en avant un sujet important. “Ça fait partie aussi, une fois de plus, de ces trucs sur les femmes. On ne s'intéresse pas aux femmes”, déplore-t-elle.
L’animatrice l’affirme : elle a toujours su que quelque chose n’allait pas, mais n’a jamais été suffisamment écoutée pour obtenir un véritable diagnostic. “Je me suis pas levée un matin en me disant, tiens, j'aimerais bien faire mon intéressante”, a-t-elle assuré avant de poursuivre : “Et si j'étais autiste ? Non, alors, ça ne s'est pas passé comme ça”. Il faut parfois attendre de nombreuses années avant de comprendre réellement ce qui nous arrive et Maïtena Biraben en a bien conscience. “Malheureusement, les diagnostics sont particulièrement tardifs chez les femmes. Elles le compensent beaucoup plus, elles le cachent beaucoup plus”, indique l’animatrice.
Maïtena Biraben revient ensuite sur le fait que ce sont souvent les hommes autistes qui sont mis en avant dans les représentations collectives. “On a tous l'image, quand on parle d'autisme, d'un enfant avec un casque sur la tête, éventuellement un petit garçon, qui est comme ça”, indique-t-elle tout d’abord avant de citer des exemples précis : “Ensuite, on a l'image de Rain Man. Et ensuite, on a l'image, éventuellement, de Josef Schovanec, pour ceux qui le connaissent, ou de quelqu'un qui dessine une ville avec un crayon, ou qui connaît... À chaque fois, ce sont des hommes”.
Toutefois, l’animatrice rappelle que l’autisme concerne aussi les femmes. “Or, il se trouve que nous avons aussi un cerveau, que nous avons aussi des neurones, que nous avons aussi des neurones qui peuvent muter, et que nous pouvons aussi être porteuses d'autisme”, a-t-elle conclu. Lors d’une interview accordée aux colonnes du Nouvel Obs en mai dernier, elle avait expliqué, avec beaucoup d’émotion, qu’il s’agissait d’un combat quotidien. “C'est pas une mode de dire qu'on est autiste, c'est dur, pas de le dire mais de l'être. C'est un niveau d'angoisse qui est gigantesque quoi”. Une déclaration qui illustre la réalité qu’elle vit au quotidien.
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