Le parcours de Thibaut Camus est inspirant. A seulement 19 ans, en 2024, ce jeune homme décide de s'éloigner de sa formation initiale pour concevoir une alternative saine aux biscuits apéritifs traditionnels. Animé par l’envie de créer et guidé par ses lectures, il jette les bases de Natur'Apéro, une marque de pop-corn innovante et éthique, entamant ainsi une aventure entrepreneuriale prometteuse.
Comme le rapporte la rédaction des Echos, le projet prend racine directement au domicile de ses parents, où le jeune homme mène ses premières recherches. Issu d'un cursus éloigné du monde des affaires, il s’appuie sur sa propre discipline personnelle pour pallier son manque d'expérience. "J'ai fait un bac pro électrotechnique et un service civique dans la communication d'un centre culturel, donc rien à voir avec l'entrepreneuriat. Mais je lisais beaucoup de choses sur le sujet et avais envie de me lancer", retrace-t-il. Grand amateur de sport, il constate l'absence d'en-cas sains pour l'apéritif sur le marché. "J'ai lancé Natur'Apéro chez mes parents, en faisant de la R&D dans la cuisine. J'ai des concurrents sur le marché des pop-corns industriels et sur le marché des snacks sains, mais pas de concurrent direct. Il y avait un créneau à prendre", assure l'entrepreneur.
Avec seulement 100 euros en poche à ses débuts, Thibaut Camus mise sur une innovation technique : la cuisson à l'air chaud, qui évite la friture propre aux produits industriels. Il élabore une recette basée sur des ingrédients rigoureusement sélectionnés. La composition repose sur "du maïs du sud-ouest de la France, du sel de Guérande IGP, des épices d'Espagne et d'Italie, et une huile de coco vierge et certifiée commerce équitable". Sa persévérance porte ses fruits : l'artisan quitte la cuisine familiale pour louer son propre atelier de fabrication. Bien qu'il délègue l'emballage, il assure lui-même la production. "Je fais tout seul, sauf le conditionnement pour lequel je fais appel à un prestataire qui fait des emballages qui donnent envie", explique-t-il. Cette organisation lui a permis d'écouler plus de 10 000 sachets auprès de 85 revendeurs.
La croissance de l'entreprise s'accélère grâce au soutien de structures spécialisées. L'Adie lui octroie d'abord un microcrédit de 1000 euros, avant que le jeune homme ne devienne lauréat du prix Créadie en 2025, remportant le prix coup de cœur régional et national accompagné d'une dotation de 2500 euros. Cet événement marque un tournant décisif. "Un directeur de magasin Biocoop était présent parmi le jury. A l'époque, je ne produisais pas encore 100% bio. Il m'a dit de le rappeler quand ce serait le cas", rembobine le jeune homme. Après avoir obtenu la certification bio en septembre 2025, il recontacte ce partenaire. "Entre octobre et novembre 2025, je suis entré dans 25 magasins Biocoop de la région Hauts-de-France. Pour l'instant, c'est moi qui livre les magasins avec ma Twingo ! Pour l'été 2026, j'espère atteindre 150 revendeurs au sein de la coopérative. Pour pouvoir livrer plus, je vais commencer à envoyer les produits par palettes grâce à un transporteur", ajoute-t-il..
Depuis janvier 2026, Thibaut Camus bénéficie également de l'expertise de l'incubateur Iterra, situé dans l'Oise. "Cela me donne accès à des ateliers pour structurer mon projet : pourquoi je me lance, quels sont mes objectifs, comment je monte mon business modèle et mon prévisionnel, liste le fondateur de Natur'Apéro. Mais ce qui m'aide le plus, c'est l'accès au réseau." Cette insertion lui permet d'aborder plus sereinement les défis financiers et techniques. A l'heure actuelle, le sachet est vendu au prix de 3,60 euros, et l'entrepreneur, qui réside toujours chez ses parents, ne tire pas encore un revenu confortable de son activité. Toutefois, le déploiement national chez Biocoop devrait lui permettre de réduire ses coûts logistiques, d'augmenter ses volumes de production et d'envisager sereinement un premier recrutement. "Je ne sais pas encore si ce sera un freelance, un alternant ou un salarié. Je dois encore structurer le sujet avec Iterra", conclut-il. Affaire à suivre.
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