À bientôt 50 ans, Alice Taglioni semble traverser une période où l’envie de faire tomber les masques est la plus forte. Si elle a démarré comme actrice, la comédienne explore aujourd’hui une autre facette de sa personnalité avec ADN, son premier album. Un projet profondément personnel dans lequel elle évoque aussi bien la famille, les blessures du passé ou encore les liens qui se construisent au fil de la vie.
Invitée de l’émission Conversations, proposée par Madame Figaro, elle a accepté d’ouvrir une parenthèse plus intime sur son quotidien. Ce disque est avant tout une manière de raconter son histoire autrement pour Alice Taglioni. "Mon disque parle d’amour, de mes enfants, de mes parents, mais aussi de la difficulté d’être ensemble", explique-t-elle. Une démarche artistique qui lui permet d’aborder avec pudeur des sujets qui lui sont chers. Et pour cause, la famille occupe désormais une place centrale dans son équilibre. Mais pour l’actrice, cette notion ne se limite pas aux liens du sang. Subtilement, elle distingue celle dans laquelle on grandit de celle que l’on choisit de bâtir au fil des années. "Il y a la famille dans laquelle on naît, que l’on ne choisit pas, et celle que l’on construit. C’est cette dernière qui m’aide à vivre" confie-t-elle.
Cette réflexion l’amène naturellement à évoquer sa propre enfance et la manière dont elle a souhaité transmettre d’autres repères à ses enfants. Sans régler de comptes ni entrer dans les détails, Alice Taglioni reconnaît que certaines expériences vécues plus jeune ont influencé sa façon d’être mère. "On dit souvent que l’on reproduit l’éducation reçue de ses parents. J’ai pourtant le sentiment d’avoir fait l’inverse. Avec mes enfants, j’ai essayé de ne pas reproduire ce que j’ai mal vécu dans mon enfance", révèle-t-elle. Une déclaration qui en dit long sur la volonté de construire un cadre différent pour ses propres enfants.
Si ADN marque une étape importante dans son parcours, c’est aussi parce que ce projet lui a permis de s’affranchir d’une image qui lui collait à la peau depuis longtemps. Pendant des années, certains l’ont perçue comme une personnalité discrète, presque trop sage. Une étiquette qui ne lui ressemblait pas toujours. "Je ne le prenais pas très bien", reconnaît-elle aujourd’hui. Avec cet album, elle estime avoir trouvé un espace où elle peut enfin s’exprimer sans chercher à répondre aux attentes des autres. "Avec cet album, je me libère de ce qu’on attend de moi et de l’image que l’on se fait de moi au premier abord", explique-t-elle. Cette liberté nouvellement acquise n’efface pas pour autant tous ses doutes.
L’actrice admet continuer à composer avec un manque de confiance profondément ancré. "Mon principal défaut est de me dire que je n’en vaux pas la peine, qu’on ne va pas m’aimer", confie-t-elle avec beaucoup de sincérité. Un sentiment qui l’a longtemps accompagnée et qui a parfois freiné son élan. Autant dans sa vie professionnelle que dans sa vie personnelle. Mais avec le temps, Alice Taglioni affirme avoir appris à apprivoiser cette petite voix intérieure. "Mais je me soigne. Et plus je me soigne, mieux je vais", ajoute-t-elle avec simplicité.
Cette sérénité semble également s’être installée dans sa vie privée. Après le drame qui a marqué sa vie avec la disparition de Jocelyn Quivrin, l’actrice a reconstruit son bonheur auprès du journaliste Laurent Delahousse. Ensemble, ils ont fondé une famille recomposée qui occupe désormais une place essentielle dans son quotidien.
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