Ce n’est un secret pour personne : les cheveux changent considérablement de couleur, de volume ou encore de texture avec l'âge. Cela est notamment dû aux grands chamboulements hormonaux de la cinquantaine comme la ménopause, qui affecte pratiquement tout le fonctionnement de l'organisme.
Helena Rodera, une pharmacienne espagnole, explique le phénomène : “À partir de 40 ans, et plus particulièrement pendant la périménopause et la ménopause, les cheveux subissent des changements visibles qui inquiètent de nombreuses femmes : chute de cheveux accrue, diminution du volume, cheveux affinés mais aussi croissance ralentie.” Et ces changements impliquent quelques ajustements. Car oui, après la ménopause, nos cheveux nécessitent des soins drastiquement différents de ceux qu’on leur prodiguait à l'âge de 20 ans ! Pour améliorer durablement l'apparence et la santé globale de vos cheveux, la mise en place d'une routine capillaire hautement personnalisée est donc essentielle.
Selon l'experte Helena Rodero, la ménopause affecte de plein fouet la fibre capillaire en raison directe de la diminution drastique des taux d'œstrogènes et de progestérone. Ces hormones influencent directement le cycle de croissance naturelle des cheveux et plus particulièrement la phase de pousse active de la fibre. Lorsque cette phase essentielle est raccourcie par le manque d'hormones, les cheveux tombent beaucoup plus tôt et repoussent nettement moins vite. Mais ce n'est pas seulement la perte pure d'œstrogènes qui est en cause. Chez de nombreuses femmes de plus de 50 ans, la sensibilité du follicule à l’hormone “dihydrotestostérone” augmente. Et cela participe activement à la perte de cheveux.
Pour contrer la baisse d'oestrogènes et de progestérones, ainsi que les problèmes avec dihydrotestostérone, il faut déjà se tourner vers son cuir chevelu. Car oui, si on a souvent tendance à vouloir prendre soin des longueurs, ce n’est pas la bonne marche à suivre ! “À partir de 40 ans, le cuir chevelu peut devenir beaucoup plus sensible, plus réactif et sujet à des déséquilibres cutanés comme la desquamation, les démangeaisons ou un excès de sébum”, explique la pharmacienne. En effet, dès les premiers signes de l'âge sur notre peau, nous nous tournons rapidement vers les crèmes et les sérums anti-âge pour paraître plus jeunes, alors pourquoi pas sur notre crâne ?
Pour arborer des cheveux aussi sains, denses et brillants que possible à 50 ans passés, il vous faut mettre en place une stratégie de soins bien pensée. Un point fondamental à retenir : “Le lavage doit toujours être adapté en priorité au cuir chevelu, et non au type de longueur”, martèle la pharmacienne. Ainsi, si vous observez un cuir chevelu à tendance grasse, utilisez sans hésiter un shampooing spécialement formulé pour réguler les racines grasses, car c’est cette zone cutanée qu’il faut traiter en priorité. Mais s'il y a bien une idée reçue que les experts combattent ardemment concernant la santé capillaire, c'est la fréquence des shampooings. Beaucoup de femmes s'imaginent à tort qu'un lavage trop fréquent entraîne mécaniquement une chute de cheveux plus importante et finissent par espacer dangereusement les shampoings, ce qui constitue une grave erreur. “Se laver les cheveux trop peu souvent n'arrête absolument pas la chute, au contraire, cela peut même l'aggraver si du sébum, de la transpiration acide ou des résidus de coiffage s'accumulent et étouffent le bulbe. Il faut laver ses cheveux dès que le cuir chevelu en ressent le besoin, voire tous les jours si nécessaire”, insiste Helena Rodero.
Globalement, ce qu’il faut retenir c’est que, passé 50 ans, il faut concentrer les soins autour d’un nettoyage doux et adapté, d’une hydratation en profondeur et de soins fortifiants ciblés. L’objectif : fortifier la barrière cutanée. On évite donc au maximum les appareils chauffants, type sèche-cheveux ou lisseur, on intègre un après-shampoing à sa routine et on veille à bien protéger ses cheveux et son crâne en cas d’exposition au soleil. Enfin, comme bien souvent, le secret est également dans l’assiette. On peut donc, sous validation d’un médecin, se complémenter pour éviter les carences qui accélèrent les changements capillaires.