C’est reparti pour un Tour ! Ce samedi 4 juillet, la 113e édition de la Grande Boucle s’élance de Barcelone. Pour la 15e fois depuis 2000, le départ de la course sera donné hors des frontières françaises. Le peloton, la caravane et les innombrables suiveurs du Tour prendront donc la route depuis l'Espagne, sous les yeux d’un public toujours aussi passionné par la petite reine.
Car l’épreuve reste la référence en matière de cyclisme. Ces dernières années, elle a réuni plusieurs milliards de téléspectateurs cumulés, confirmant son statut d’événement sportif planétaire, juste derrière la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques. En France aussi, l’attente est immense. Et cette édition 2026 pourrait bien cristalliser une ferveur particulière : quarante et un ans après le dernier sacre de Bernard Hinault, un champion tricolore semble enfin capable de faire rêver à nouveau tout un pays...
Il s’appelle Paul Seixas. Depuis ses victoires retentissantes de l’hiver et du printemps, son nom est sur toutes les lèvres. Il s’affiche à la une des journaux, anime les débats, affole les pronostics et nourrit déjà les espoirs les plus fous. Bien sûr, seuls les plus optimistes l’imaginent, dès sa première participation, renverser l’ordre établi et finir en jaune à Paris, devant l’ogre slovène Tadej Pogacar, quadruple vainqueur du Tour, ou Jonas Vingegaard, double lauréat de l’épreuve. Mais peu importe. À 19 ans et 9 mois seulement, Paul Seixas, qui par ailleurs, tente de mener une vie normale du côté de Nice, deviendra le plus jeune coureur de l’après-guerre à prendre le départ de la Grande Boucle. Et ses qualités, déjà impressionnantes, suffisent à faire de lui l’un des grands points d’attraction de cette édition.
La bonne nouvelle, pour les amoureux de cyclisme, c’est que le talent pourrait bien être une affaire de famille. Car chez les Seixas, Paul n’est pas le seul à faire parler de lui. Son petit frère Nino, 17 ans à peine, suit déjà ses traces.
En mars dernier, le benjamin de la fratrie a publié sur Instagram une photo qui n’est pas passée inaperçue. Maillot de l’équipe UAE Team Emirates, celle de Tadej Pogacar, sur les épaules, il posait fièrement aux côtés de deux autres jeunes coureurs. «Fin du stage à Benidorm avec @uae_team_emirates où j’ai passé une super semaine remplie d’apprentissage», écrivait-il en légende. De quoi déclencher un torrent de réactions et alimenter les rumeurs les plus folles. L’implacable formation émiratie avait-elle déjà des vues sur lui ? Voire sur son frère Paul ?
Au même moment, selon Eurosport Espagne, Emmanuel Macron serait même intervenu pour que Paul Seixas reste au sein de l’équipe française Decathlon CMA CGM, avec laquelle il est sous contrat jusqu’à fin 2027. Hors de question, semble-t-il, de voir filer trop vite la pépite tricolore. À quelques jours du départ du Tour, le média néerlandais WielerFlits révélait de son côté que la formation suisse Pinarello-Q36.5 aurait proposé au nouvel espoir du vélo français un salaire colossal de 13 millions d’euros, soit trois millions de plus que Tadej Pogacar. Du jamais-vu dans le cyclisme.
Mais Paul Seixas n’en est pas là. Nino non plus. L’escapade hivernale du cadet en Espagne, sous ces prestigieuses couleurs, n’était qu’un stage. Le jeune homme reste pour l’heure licencié en junior au Vélo-Club Villefranche-Beaujolais, à Villefranche-sur-Saône, non loin d’Anse, où ses parents ont déménagé il y a cinq ans. Des parents qui suivent évidemment de très près les trajectoires de leurs deux garçons.
«Pour être franc, je pensais que si un jour il passait pro, ce serait incroyable. Je ne m’attendais pas à ce que ça aille aussi vite pour lui», confiait fin juin Emmanuel, le père de Paul, dans les colonnes de Paris Match. Un père qui sait ce que signifie le sport de haut niveau : informaticien de profession, il a longtemps pratiqué le karaté, jusqu’à devenir vice-champion de France de deuxième division dans la catégorie des moins de 75 kilos.
La mère du champion, elle aussi, savoure cette ascension fulgurante. «C’est fabuleux, c’est extraordinaire», se réjouissait-elle en février dernier, après la première grande victoire de son fils aîné. Ce jour-là, les mots semblaient presque lui manquer, à elle qui est pourtant agrégée de lettres et enseigne le français. Mais derrière la fierté, il y a aussi la conscience d’une pression nouvelle. «C’est vrai qu’il y a une grosse attente derrière lui. Heureusement qu’il a les pieds bien sur terre… », ajoutait-elle, lucide sur la Seixasmania qui accompagne désormais son fils.
Et Nino, dans tout ça ? En avril 2026, dans Le Progrès, Emmanuel Seixas rappelait que son plus jeune fils avançait à son rythme. «Nino a besoin de temps, il "marchera" plus tard que Paul. Paul était différent. Nino a beaucoup grandi, il est encore en phase de croissance. Il va se découvrir, on ne connaît pas trop son profil. Il est en train de changer et progresse. Il s’épanouit aussi dans le vélo», expliquait-il.
Le cadet commence toutefois, lui aussi, à monter en puissance. Son père confirmait qu’il était désormais suivi par UAE, avec un entraîneur, et qu’il avait franchi un cap dans sa préparation. «Il est passé de très peu d’entraînement à un entraînement plus régulier», précisait-il.
On est encore loin du statut de prétendant au Tour de France, comme son frère. Mais l’histoire a déjà de quoi intriguer. À l’image des frères Paret-Peintre, Valentin et Aurélien, que l’on voit s’affronter sur les routes du World Tour, le cyclisme français pourrait bientôt se découvrir une nouvelle fratrie à suivre de très près. Et si Paul Seixas cristallise déjà tous les espoirs, Nino pourrait bien, lui aussi, faire parler de son prénom dans les années à venir.
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