Patrice de Colmont s’est éteint à l’âge de 77 ans annonce Paris Match. Enfant du pays, ce dernier était bien plus qu’un restaurateur : il était une institution, un symbole du Saint-Tropez authentique et chaleureux, loin du clinquant et du bruit. Propriétaire du mythique Club 55, installé sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle, il accueillait depuis plus de cinquante ans les plus grandes célébrités du monde entier, de Brigitte Bardot à Marion Cotillard, en passant par Bono ou Barack Obama.
Dans un portrait publié par le Parisien en 2019, le journaliste décrivait l’homme comme un hôte solaire, toujours prêt à tendre les bras à ses visiteurs. "Je ne travaille jamais, ce que je fais est un jeu", confiait-il alors. Ce jeu, il le jouait à la perfection : celui de la convivialité, de la simplicité et du partage.
Patrice de Colmont incarnait cette hospitalité rare, celle qui transformait un simple déjeuner en moment suspendu. Au Club 55, "le client n’est pas le roi parce qu’il est un ami", aimait-il rappeler. Une philosophie héritée de ses parents, Bernard et Geneviève, fondateurs de ce lieu devenu culte après le tournage du film Et Dieu… créa la femme en 1955.
Patrice de Colmont n’était pas seulement le gardien du mythe Bardot et du Saint-Tropez bohème, il était aussi un amoureux de la terre. Propriétaire du château Saint-Exupéry à La Môle et du domaine Les Bouis, l'homme défendait une agriculture respectueuse de l’environnement, fidèle à ses convictions écologiques. "On ne travaille qu’avec la nature", insistait-il dans le Parisien. Maraîchage, oliveraie, vin biologique… il cultivait ses terres avec passion, loin de toute industrialisation.
Proche de Pierre Rabhi, pionnier de l’agroécologie, Patrice de Colmont partageait cette vision humaniste et poétique du monde. Il voyait dans la nature un trésor à chérir, dans la gentillesse une force, et dans la simplicité un luxe véritable. "La gentillesse n’est pas ringarde", répétait-il chaque début de saison à ses employés. Cette phrase, devenue un mantra, résume tout ce qu’il a transmis à travers son établissement : une élégance du cœur, loin des apparences.
Sous les canisses du Club 55, les anecdotes ne manquent pas : il y refaisait le monde avec John Kerry, discutait du climat avec Marion Cotillard ou riait d’un mot d’esprit avec Bono. Tous ceux qui l’ont connu évoquent un homme authentique, fidèle à ses valeurs et à sa vision du Saint-Tropez d’antan, celui des pêcheurs, des artistes et des rêveurs.
Aujourd’hui, c’est tout un pan de l’histoire tropézienne qui s’éteint avec lui. Mais son esprit, lui, restera à jamais gravé dans le sable blond de Pampelonne, entre les tables en bois flotté, les verres de rosé et les sourires sincères qu’il savait si bien provoquer.
player2
player2