Menacée de lapidation par la justice de son pays, l'Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani bénéficie, dans ces heures très sombres, du soutien de nombreuses personnalités. Sur le site du philosophe Bernard-Henri Lévy, La Règle du jeu, les lettres ouvertes sont nombreuses. Celle de la première dame de France, Carla Bruni, a fait grand bruit et lui a même valu d'être violemment insultée par certains médias iraniens. Le ministère des Affaires Etrangères français s'est indigné et le gouvernement iranien a "officiellement" désapprouvé ces propos d'une violence extrême contre l'épouse d'un chef d'Etat. Si, selon nos informations, Carla Bruni n'a que faire de ces insultes et souhaite uniquement que le combat continue, la rédaction de la Règle du jeu a réagi aux attaques à son encontre.
Particulièrement inquiet sur le sort de la condamnée, Bernard-Henri Lévy avait écrit hier : "Il semble qu'un responsable de la prison de Tabriz soit venu, samedi soir, 28 août, lui annoncer qu'il fallait se préparer à mourir et qu'il était temps d'exprimer ses dernières volontés." L'intellectuel français s'interroge alors sur le pouvoir de la pétition sur son site pour sauver une vie et il y répond pour le "bloc-notes" de l'hebdomadaire Le Point en kiosques dès le 2 septembre. Extraits. "Je crois, je veux croire, que la campagne de mobilisation engagée par Libération, Elle et La Règle du jeu peut finir par l'emporter." Il explique d'où viennent ses espoirs : "Près de 50 000 hommes et femmes (le nombre de ceux qui, à l'heure où j'écris, ont déjà signé la pétition) opinent que la lapidation est un crime d'une insondable ignominie ; que nous sommes unanimes, par-delà les attaches, les croyances ou les non-croyances de chacun, à répondre par la lettre de nos noms aux pierres de l'obscurantisme et du crime."
Le penseur estime également que le régime de Téhéran ne peut que tenir compte que la prise de position de la France, "par la bouche de son président" Nicolas Sarkozy. Il ajoute que d'après son réseau d'informations, sont apparues des preuves qu'un courant naît au sein même de l'appareil judiciaire et que, selon certains, le prix de cette mise à mort "serait, pour le régime, exorbitant et trop risqué." Le philosophe compte aussi sur la société civile iranienne pour qui la pétition en soutien de cette femme représente un signe concret de solidarité au peuple iranien d'une manière générale.
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