Consultant militaire et géopolitique de référence sur LCI, régulièrement sollicité sur le plateau de France 5, Pierre Servent fait partie de ces figures familières du paysage audiovisuel. Mais depuis quelque temps, son absence des plateaux télévisés interpelle. Et pour cause : l'ancien officier supérieur et écrivain traverse une douloureuse épreuve médicale en raison d'une récidive sévère de son cancer de la prostate, décelé initialement en 2022.
Après avoir suivi de lourds traitements pendant des mois, le journaliste a dû faire face à l'apparition de métastases au niveau de sa colonne vertébrale. Opéré d'urgence ces dernières semaines, il entame désormais une nouvelle phase de chimiothérapie. En direct depuis son lit d'hôpital, l'essayiste s'est confié au site de Gala sur cette longue bataille, sur la rééducation physique qu'il mène pour reprendre du poids, mais aussi sur l'immense chaîne de soutien qui l'entoure. Avec une résilience saisissante, il se remémore le moment où tout a basculé : “Mon cancer s’est déclenché quand je venais de rejoindre LCI pour la guerre en Ukraine : je commentais la guerre à l’extérieur et je l’avais à l’intérieur.”
En toute transparence, Pierre Servent est revenu sur les détails de ce lourd parcours médical : “J’ai commencé la chimio la semaine dernière et elle doit se poursuivre jusqu’en décembre.” Diagnostiqué il y a quatre ans par pur hasard — alors même que ses bilans sanguins ne laissaient rien paraître —, son cancer a connu une évolution délicate, le forçant aujourd’hui a partagé son temps entre deux établissements pour “la chimio” d'un côté et “reprendre du poids et faire de la kiné” de l'autre. Face à ce basculement, la prise de conscience s'est révélée particulièrement violente : “”Vertigineux”, c’est le mot : on découvre qu’une partie de son corps devient son ennemi.” Sportif et non-fumeur, le septuagénaire insiste d'ailleurs sur l'importance du dépistage précoce, rappelant qu'une bonne hygiène de vie ne prémunit pas totalement contre la maladie.
Une telle traversée du désert bouleverse inévitablement l'équilibre personnel, et Pierre Servent ne cache rien des répercussions sur son quotidien de couple : “Je suis marié depuis 47 ans et mon épouse déguste : elle doit absorber les hauts et les bas, la gestion des médicaments…” Pour affronter les épreuves du quotidien, les “crises de larmes” et les moments où il a “vraiment craqué”, l'essayiste a donc fait le choix de suivre une psychothérapie chaque semaine à l'hôpital. Soutenu sans relâche par sa famille, sa paroisse et ses collègues, il refuse catégoriquement de masquer la réalité à ses proches : “D’autres cachent leur cancer à leur famille : c’est respectable, mais ce n’est pas mon style. Pour moi, être dans la vérité fait partie de la résistance face au cancer.” Entouré par ses quatre enfants et ses sept petits-enfants qui lui envoient de nombreux témoignages d'affection, Pierre Servent s'accroche plus que jamais à l'essentiel, concluant toujours ses échanges par une note d'espoir lumineuse : “Je vous aime et la vie est belle.”