Mercredi 1er juillet 2026, Isabelle Adjani a été condamnée en appel à dix mois d'emprisonnement avec sursis et à 10 000 euros d'amende pour fraude fiscale aggravée et blanchiment, comme l'a rapporté l'AFP. L'actrice, récompensée par cinq César, était soupçonnée de s'être domiciliée fictivement au Portugal en 2016 et 2017, une situation qui lui aurait permis d'échapper à 236 000 euros d'impôts sur le revenu. Elle était également poursuivie pour avoir fait transiter 120 000 euros via un compte américain non déclaré, ainsi que pour avoir dissimulé, sous la forme d'un prêt, une donation de deux millions d'euros en 2013.
En première instance, en avril dernier, le tribunal correctionnel de Paris avait requis une peine de 18 à 24 mois de prison ainsi que 250 000 euros d'amende, avec exécution provisoire, pour fraude fiscale et blanchiment. Au moment de prendre la parole une dernière fois, Isabelle Adjani avait déclaré : "Je me demande s'il n'y a pas une forme d'animosité personnelle à mon endroit." La veille, la comédienne, dont la nièce est elle aussi actrice, s'était défendue d'être une "voleuse", se présentant comme la "proie" de "prédateurs", et "victime d'escroqueries successives". Finalement, ce 1er juillet, la cour d'appel de Paris a donc confirmé sa culpabilité, tout en réduisant sensiblement sa peine, mais Isabelle Adjani compte se pourvoir en cassation.
"C'est une première étape positive. Pour moi, seul le respect du droit compte, je le trouverai devant la Cour de cassation", a estimé Isabelle Adjani, qui s'est dite "soulagée" auprès de l'AFP par téléphone. L'un de ses quatre avocats, Me David Lepidi, a salué une "peine drastiquement diminuée" avant d'annoncer le pourvoi de la star en cassation. "Madame Adjani a soulevé des moyens de droit extrêmement sérieux qui n'ont pas été entendus par la cour d'appel. (...) Le combat continue", a-t-il expliqué.
À la barre, lors de son procès, Isabelle Adjani avait reconnu n'avoir "jamais rempli une fiche d'impôt". "Et heureusement, car ça aurait été désastreux (...). J'ai la phobie des papiers", avait précisé celle qui a été en couple avec André Dussollier. L'actrice avait assuré avoir confié la gestion de ses affaires à des professionnels.
Concernant sa domiciliation à Carcavelos, au Portugal, Isabelle Adjani avait expliqué avoir "toutes ses affaires" sur place, tout en affirmant "ne pas être ancrée", ni "confinée à résidence". Une argumentation qui n'avait pas convaincu l'avocat général, pour qui il s'agissait d'une domiciliation "fictive". Concernant les deux millions d'euros versés par son ami, l'homme d'affaires Mamadou Diagna Ndiaye, Isabelle Adjani avait démenti avoir cherché à dissimuler une "donation déguisée" afin d'échapper à 1,2 million d'euros de droits de mutation. Elle avait d'ailleurs affirmé avoir déjà remboursé 1,3 million d'euros.