Le jugement dans l’affaire opposant l’actrice Adèle Haenel au réalisateur Christophe Ruggia a été rendu ce vendredi 17 avril 2025. La cour d’appel de Paris l’a condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique. Les propos du président du tribunal ont été rapportés par l’AFP, et ce dernier affirme : "Les faits sont graves parce que Monsieur Ruggia n’a pu se contenir face à cette jeune fille dont la sensualité l’attirait". Il précise ensuite : “Il n’est pas un prédateur pédophile en chasse, mais a été pris dans cette relation face à une enfant qui n’était pas armée contre cela”. Lors de son procès en appel, Christophe Ruggia avait réfuté toute agression sexuelle sur Adèle Haenel.
En 2001, le réalisateur a offert son premier rôle à l’actrice dans le long-métrage Les Diables. Elle y incarne Chloé, une petite fille atteinte d’autisme qui fugue avec son frère, sur fond de relations incestueuses. Dix-huit ans plus tard, une enquête de Médiapart révèle qu’Adèle Haenel a confié avoir subi des attouchements et du harcèlement sexuel de la part de Christophe Ruggia, entre 2001 et 2004. Selon son témoignage, les faits se sont déroulés pendant et après le tournage, la plupart du temps au domicile du réalisateur. De son côté, la jeune femme avait entre 12 et 15 ans.
En première instance, Christophe Ruggia a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. Il avait expliqué faire appel de ce jugement, niant avoir commis les agressions sexuelles dont la comédienne l’a accusé. Son procès en appel s’est déroulé les 19 décembre et 23 janvier derniers et, à nouveau, le réalisateur a contesté sa culpabilité. "Si j’avais fait ce dont elle m’accuse, je n’aurais jamais pu me regarder dans une glace, j’aurais immédiatement cessé de la voir. Ça n’est jamais arrivé", a-t-il expliqué à la barre. Toujours selon ses dires, Adèle Haenel aurait proféré ces accusations après qu’un rôle ne lui a pas été attribué. Cette nouvelle peine, cinq ans de prison dont deux fermes avec bracelet électronique, est donc plus lourde que celle prononcée en première instance.
Dès la sentence annoncée, Adèle Haenel a pris la parole auprès de Paris Match. L'actrice a tout d'abord affirmé avoir une pensée pour "les enfants qui sont victimes de pédocriminalité. Je pense à eux et je veux dire que moi, j'ai fini mon parcours judiciaire". Elle ajoute par la suite vouloir que cela devienne son combat principal. "En ce qui me concerne, toute ma vie sera dédiée à la justice et à l'avancée des droits humains", a-t-elle affirmé avant de conclure : "C'est vraiment à tous ces enfants et toutes ces femmes que je pense. Et voilà, leur dire qu'ils ne sont pas seuls".