Président emblématique de l'Union Bordeaux-Bègles (UBB) depuis 2007, Laurent Marti s'est imposé comme l'un des grands artisans de l'essor du club girondin, jusqu'au sacre européen de 2025. A la tête du groupe textile TopTex/Kariban, fondé en 1994, l'homme d'affaires de 59 ans poursuit désormais une autre ambition : investir dans le monde du vin. Après une première acquisition au printemps, ce dirigeant de rugby à XV vient de s'offrir une nouvelle propriété d'exception, confirme Sud Ouest.
Comme le révèle Sud Ouest, Laurent Marti a racheté le Château du Taillan à la famille Cruse, par l'intermédiaire de l'agence Une Villa et des Vignes (groupe Human). L'homme d'affaires ne cachait plus son intérêt pour la viticulture depuis plusieurs années. Il s'intéressait d'ailleurs à cette propriété depuis près de trois ans avant que les négociations n'aboutissent. Le domaine ne manque pas d'atouts : il s'étend sur une centaine d'hectares mêlant bois, prairies et vignobles, dont 26 hectares plantés en AOC Haut-Médoc ainsi que deux hectares de vignes blanches. Le château du XVIIIe siècle est entouré d'un vaste parc arboré, tandis que ses caves voûtées et une partie des bâtiments sont classés Monuments historiques. Sur le site officiel du domaine, la propriété est présentée comme un lieu où "cinq sœurs tiennent les rênes du Château situé aux portes de Bordeaux et du Médoc", perpétuant une histoire familiale débutée en 1896 avec Henri Cruse. Laurent Marti explique à Sud Ouest : "Je connaissais depuis longtemps ce magnifique château. Le projet que je porte, dans un contexte de crise pour la filière, est à la fois un acte de préservation patrimoniale et un soutien à l’économie viticole."
Cette acquisition s'accompagne déjà d'un ambitieux programme de transformation. Selon Sud Ouest, d'importants travaux sont prévus sur le domaine, tout comme l'arrachage d'une dizaine d'hectares de vignes afin de concentrer la production sur le premier vin de cette propriété classée Cru Bourgeois Exceptionnel. Une décision qui intervient dans un contexte difficile pour la filière viticole. Copropriétaire du domaine depuis plus de trente ans, Armelle Cruse confie au quotidien régional : "C’est un crève-cœur mais les propriétés d’aujourd’hui ont besoin d’investisseurs ambitieux comme Laurent Marti pour avancer. La crise est sévère. Il me faudra du temps pour tourner la page d’une propriété qui a beaucoup compté dans ma vie." Elle rappelle également que le château appartenait à sa famille depuis 1896. Si la propriété change de mains, une partie de l'équipe reste en place : Tatiana Giraud, fille d'Armelle Cruse, continuera de piloter le développement œnotouristique, un secteur que le nouveau propriétaire entend renforcer, notamment autour des mariages, séminaires et visites du domaine.
Avec cette nouvelle acquisition, Laurent Marti confirme ses ambitions dans le monde du vin. Comme le rappelle Sud Ouest, il avait déjà acheté en mars dernier le château Picque Caillou, à Mérignac, une propriété d'une vingtaine d'hectares en appellation Pessac-Léognan. Là aussi, de lourds travaux sont programmés, tandis que les vendanges viennent de débuter. Pour accompagner cette nouvelle aventure, le président de l'UBB s'appuiera notamment sur le vigneron et consultant Stéphane Dief, reconnu pour avoir contribué au rayonnement du Clos Manou, dans le Médoc. Reste désormais à savoir si ces deux premières acquisitions marquent le début d'un véritable projet d'envergure. Dans un contexte où de nombreux domaines bordelais sont proposés à la vente en raison des difficultés traversées par la filière, Laurent Marti pourrait bien s'imposer comme un nouvel acteur majeur du vignoble bordelais.