Antoine de Saint-Exupéry, né en 1900 et mystérieusement disparu en vol en 1944, a profondément marqué l'histoire de la littérature mondiale. Si le grand public retient d'abord de lui des chefs-d'œuvre universels comme Vol de nuit, Terre des hommes ou l'incontournable conte poétique Le Petit Prince, on connaît souvent un peu moins son ancrage francilien. Le célèbre romancier et aviateur a en effet résidé de nombreuses années dans une charmante bâtisse située à Varennes-Jarcy, petite commune de 2465 habitants dans l'Essonne, à 26 kilomètres au Sud-Est de Paris. Abandonnée pendant un temps, cette demeure chargée d'histoire s'offre aujourd'hui une seconde vie fascinante pour devenir une halte épicurienne incontournable, à deux pas de la capitale.
Transformée en un établissement baptisé La Feuilleraie, nichée au 1 rue de Mandres, l'ancienne maison de l'écrivain est devenue un superbe restaurant qui mêle avec brio gastronomie française et héritage historique. À sa tête, on retrouve un solide duo de passionnés : Guillaume Lamory, chef cuisinier de talent passé par la prestigieuse école Ferrandi, et Aurélie, ex-responsable de communication dans l'agroalimentaire. Comme ils le confient à nos confrères d'Actu.fr, l'aventure part avant tout d'un lien intime avec la bâtisse. "J’avais un ami d’enfance qui a habité pendant longtemps dans cette maison. Lorsque la municipalité a proposé de faire revivre ce lieu, abandonné depuis de nombreuses années, nous nous sommes positionnés sur ce projet de restaurant", détaille Guillaume. Une vision partagée par son associée. "Avant toute chose, c’est aussi une histoire d’amitié. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années avec Guillaume", poursuit la patronne. Surtout, La Feuilleraie détonne par son concept singulier. Si elle s'adresse en grande partie aux entreprises, aux séminaires et aux réceptions privées, elle sait s'ouvrir aux curieux dans une ambiance festive et soignée. "Nous proposons également des jeudis jazz, avec un concert tous les quinze jours, en alternance avec des dîners le week-end", explique Aurélie.
Composée d’une équipe d’une petite dizaine de personnes, La Feuilleraie dispose d’une belle capacité de 85 couverts répartis dans différentes salles aux thématiques soignées et au style rétro. L'esprit de l'illustre auteur plane toujours sur ces murs chargés de souvenirs, comme le glisse Guillaume : "Il y a forcément des références à l’ancien propriétaire du lieu, Antoine de Saint-Exupéry. La salle de bains d’époque vaut aussi le détour."
Côté assiettes, l'exigence est de mise avec une cuisine française renouvelée chaque semaine. Les clients peuvent y savourer un délicieux suprême de pintade fermière rôti au jus de volaille crémé, un gravlax de saumon aux agrumes et baies roses, ou encore des Saint-Jacques rôties au bouillon de chanterelles et guanciale. Les becs sucrés se régalent avec la perle de riz gluant au sésame noir ou le très apprécié mochi à la poire Williams. Pour sublimer l'expérience - qui coûte 80 euros pour les dîners du week-end et 85 euros pour les "jeudis jazz", hors boissons -, le chef chouchoute sa cave et les ambiances. "Nous organisons également des dîners thématiques, comme ce fut le cas récemment à l’occasion des célébrations du Nouvel An chinois. Les vins français sont aussi largement présents à la carte. J’aime mettre en avant de petits producteurs hexagonaux : il y a souvent de belles découvertes. L’accord mets et vins est souvent un délice", précise-t-il. Un parcours sans faute qui a logiquement attiré l'attention des experts gastronomiques du département. "Récemment, nous avons été couronnés aux Papilles d’Or. C’est une véritable reconnaissance du travail que nous effectuons au quotidien", se félicite Aurélie, toujours auprès d'Actu.fr. Tournée vers l'avenir, la gérante conclut avec de très belles ambitions : "C’est important pour nous d’avoir un véritable ancrage local. Notre plus grand rêve serait de développer certaines activités, pourquoi pas un festival musical qui se déroulerait dans le parc du jardin."
player2