Mort d'Assia Djebar, membre de l'Académie française, romancière et cinéaste
Publié le 7 février 2015 à 17:39
Par Samya Yakoubaly | Rédactrice
Cinéphile, elle adore regarder des bande-annonces et des moments historiques à la télévision. Le prochain James Bond ou le discours d’investiture de Barack Obama lui donnent les mêmes frissons.
Le documentaire "Femmes d'Alger" de Kamel Dehane (1992), avec l'intervention d'Assia Djebar © Youtube
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Assia Djebar, écrivaine algérienne d'expression française, est morte samedi 7 février. Elle aura été la première personnalité du Maghreb élue à l'Académie française, en 2005. Elle est décédée à 78 ans dans un hôpital parisien, trois ans après avoir été pressentie pour le prix Nobel de littérature, a annoncé samedi la radio publique algérienne, selon l'AFP.

De son vrai nom Fatima Zohra Imalyène, Assia Djebar a écrit des classiques de la littérature maghrébine d'expression française. Elle est l'auteure d'une quinzaine de romans, pièces de théâtre et scénarios. Fille d'un instituteur, née à Cherchell, en Algérie, alors sous domination française, elle a évoqué dans son discours d'entrée à l'Académie l'immense plaie infligée par le colonialisme aux peuples colonisés.

Peu connue en France, son oeuvre, commencée en 1955 à l'âge de 19 ans avec La Soif, défend l'émancipation des femmes musulmanes. Elle était d'ailleurs la première musulmane admise à l'Ecole normale supérieure de Paris, en 1955. De 1962 à 1965, elle enseigne l'Histoire à l'université d'Alger où elle retourne en 1974 pour enseigner la littérature française et le cinéma.

En 1983, Pierre Beregovoy, ministre des Affaires sociales, la choisit pour représenter l'immigration algérienne au Conseil d'administration du Fonds d'action sociale (FAS) où elle siège six ans. Après la mort de son père, en 1995, Assia, qui a toujours vécu entre la France et l'Algérie, a enseigné la littérature française aux Etats-Unis, prenant la direction du Centre d'études françaises et francophones de Bâton Rouge en Louisiane. Experte en cinéma, elle a notamment réalisé La Nouba des femmes du mont Chenoua (prix de la critique internationale à Venise en 1979) et La Zerda ou les chants de l'oubli (prix du meilleur film historique au Festival de Berlin, 1983).

Après un premier mariage (1968-1975), avec l'écrivain Walid Carn (pseudonyme d'Ould-Rouis Ahmed), elle avait épousé le poète Malek Alloula, en 1981. La romancière sera enterrée, selon ses voeux, dans son village natal de Cherchell, en Algérie, la semaine prochaine précise L'Express.

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