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Roland-Garros - Virginie Razzano : La joie héroïque après le deuil de Stéphane

Virginie Razzano a battu Serena Williams au 1er tour de Roland-Garros 2012, le 29 mai, à l'issue d'un match fou de 3h04. Un an après avoir joué la mort dans l'âme, en deuil de son fiancé Stéphane, la Française ''goûte au pain blanc'' et savoure...
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Virginie Razzano a battu Serena Williams au 1er tour de Roland-Garros 2012, le 29 mai, à l'issue d'un match fou de 3h04. Un an après avoir joué la mort dans l'âme, en deuil de son fiancé Stéphane, la Française ''goûte au pain blanc'' et savoure...

Que l'on aime ce visage, autrefois baigné de larmes terribles, qu'un sourire régalien à présent illumine ! Virginie Razzano ne jouait certes pas une finale de Roland-Garros, même si elle avait face à elle l'ex-n°1 mondial Serena Williams, mais son entrée en lice mardi 29 mai 2012 sur l'ocre de la Porte d'Auteuil en avait tous les atours - la tension, l'émotion, le suspense, les vents contraires, l'exultation... -, et son dénouement, un goût prononcé de triomphe.

Au terme d'un combat acharné de plus de 3 heures qui a jeté ses deux protagonistes en pâture aux crampes et les a menées au bord de l'épuisement, la Française, 111e au classement WTA, a fait pleurer l'Américaine, 5e joueuse mondiale et victorieuse en début de mois à Madrid. Après sept coups de semonce pour ébranler l'édifice, Virginie Razzano, bientôt tétanisée par les crampes, abattait son adversaire à sa huitième balle de match (4-6, 7-6, 6-3), piaffant d'impatience que l'arbitre descende de sa chaise pour confirmer la marque "out" d'un ultime coup droit trop long de Serena et mettre un terme à un dernier jeu qui aura duré... 23 minutes. Une arbitre qui, coupable d'un excès de zèle déplacé (appliquant trop à la lettre le règlement et pénalisant à deux reprises la Française pour des cris, provoqués par des douleurs au mollet, jugés gênants), a quitté le Central Philippe-Chatrier sous les sifflets, y compris ceux des officiels, tandis que Serena Williams, battue pour la première fois de sa carrière lors d'un premier tour de Grand Chelem, fonçait vers sa chaise tête baissée et que Virginie Razzano rayonnait dans le dernier soleil du soir. Les larmes avaient changé de côté.

Il y a un an précisément, exactement au même endroit, Virginie Razzano se battait, le coeur lourd du deuil de son fiancé Stéphane, mort quelques jours plus tôt des suites d'une tumeur au cerveau. Malgré toute sa rage et sa détermination à honorer de son mieux la mémoire de son bien-aimé, décidée à disputer quand même le tournoi, pour lui, elle s'inclinait face à la modeste Jarmila Gajdosova. Avec beaucoup de pudeur, alors que personne ne lui aurait tenu rigueur s'il en avait été autrement. Quasi-impassible sur le court, elle craquait ensuite en salle de presse, bouleversant les journalistes par l'évocation douloureuse de la perte de l'homme de sa vie... Mardi soir, l'émotion était tout autre, mais Virginie Razzano, 29 ans, a de nouveau eu l'élégance de garder ce qu'il y a de plus intime pour elle. Dans ses réactions d'après-match au micro du maître de cérémonie de Roland-Garros, devant un public resté tard pour la voir écrire l'histoire du tournoi et l'acclamer (dont Jean Gachassin, président de la FFT, qui brandit les poings) comme il se doit, pas un mot sur Stéphane, sur l'épreuve de l'an dernier, sur cette sorte de résurrection cette année. Seulement une grande joie et l'envie de parler de sa force, de sa pugnacité, de son envie de ne rien lâcher, de ses ressources "no limit".

"Je pense avoir fait mon deuil (...) Je suis prête à passer autre chose dans ma vie personnelle et professionnelle. Je pense que Stéphane est très heureux pour moi."

Il faudra vraiment la pousser à avouer ce qu'on sait qu'elle doit avoir en son for intérieur. "Comment ne pas rapprocher cet événement de la perte de votre conjoint, il y a un an ?", ose ainsi le quotidien L'Equipe : "Quoi dire ? Joker ?, répond Virginie Razzano. Je pense avoir fait mon deuil. Il m'a fallu du temps. J'ai travaillé avec une personne qui m'a permis d'avancer. Est-ce que c'est le destin ? Je ne sais pas. Je me suis donné les moyens de gagner ce match, je suis aller au bout de moi-même et je l'ai gagné comme une championne. Le souvenir sera immense. J'espère que ça laissera une bonne image de moi." Et le quotidien sportif d'insister : "Il y a une envie de dédier cette victoire à quelqu'un ?" "A moi-même d'abord. A mon staff. Et ensuite, une petite pensée pour Stéphane, qui est toujours un peu dans mon coeur, même si je suis prête à passer autre chose dans ma vie personnelle et professionnelle. Je pense qu'il est très heureux pour moi. Je vais continuer à m'accrocher et la vie continue." Comblée par sa plus belle victoire et cette délivrance, elle savoure : "Je ne pouvais pas avoir que des moments difficiles dans la vie. Je pars du principe que le pire est égal au meilleur. Aujourd'hui, je goûte enfin au pain blanc."

Un fatalisme positif, marqué par la volonté de l'intéressée, qu'on retrouve également chez la vaincue du jour. "Fragile à l'intérieur" en ce moment, Serena Williams, invitée à commenter l'histoire de Virginie, a déclaré : "Je connais l'histoire de Razzano et de son mari. Mais on a tous nos histoires. Moi, j'ai failli mourir [allusion à son embolie pulmonaire en 2011, NDLR] et Venus aussi a eu des difficultés. C'est la vie, chacun fait avec."

Au prochain tour, Virginie Razzano, qui avait remporté le tournoi juniors de Roland-Garros en 2000, affrontera la Hollandaise Rus. Quelle que soit la suite des événements, les annales de Roland-Garros se souviendront toujours de ce scénario incroyablement palpitant, un thriller chargé d'émotion porté par une héroïne qui se "surprend elle-même", transcendée par la foi en elle : "Je crois toujours que tout est possible [même menée 6-4, 5-1 dans le tie-break du 2e set !, NDLR], même quand c'est très dur. Parfois, je voyais Serena hocher la tête. Je la regardais se dire : "Mais qui elle est ? Elle est incroyable, elle a des crampes, elle ne peut plus courir et elle est encore là"." La victoire est toujours belle. Parfois, elle est sublime.

G.J.

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