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Tessa Worley : Le parcours atypique d'une enfant des cimes de Nouvelle-Zélande

Tessa Worley et sa médaille d'or après son triomphe en géant lors des championnats du monde le 14 février 2013 à Schladming en Autriche
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Tessa Worley et sa médaille d'or après son triomphe en géant lors des championnats du monde le 14 février 2013 à Schladming en Autriche

Yeux bleus, crinière blonde et sourire ravageur... Tessa Worley a charmé son monde ce jeudi 14 février en allant chercher la médaille d'or du géant lors des championnats du monde de Schladming en Autriche.

Entre France et Nouvelle-Zélande

L'aboutissement pour la petite bombe du ski français, véritable enfant de la balle élevée entre les montagnes de Nouvelle-Zélande et les Alpes françaises. Une Tessa Worley qui n'a pratiquement jamais connu les joies de l'été... "Jusqu'à l'âge de 7 ans, tant que je vivais en Nouvelle-Zélande, je n'ai pas su ce qu'était l'été. Avec mes parents moniteurs de ski, j'enchaînais l'hiver là-bas avec l'hiver en France. J'aime l'hiver, mais plus encore la neige. L'élément neige avec ses cristaux, sa texture, son velouté, que je trouve magnifique. Le plus beau, c'est une journée d'hiver où il a neigé la veille, quand la neige est encore toute fraîche et que le soleil brille dessus", confiait-elle dans L'Équipe Magazine du 9 février dernier. Et pour cause. Son père est moniteur de ski australien, sa mère monitrice au Grand-Bornand en Haute-Savoie lorsqu'ils se rencontrent. La famille enchaîne donc les hivers entre France et Nouvelle-Zélande, où la petite Tessa monte pour la première fois sur des skis : "C'est là-bas que je suis montée pour la première fois sur des skis, à un an et demi. À partir de ce moment, je n'ai plus voulu les enlever."

Le flegme britannique, un tempérament latin

De la Nouvelle-Zélande, Tessa Worley a gardé le goût des grands espaces, comme elle le racontait à L'Équipe Mag : "En Nouvelle-Zélande, c'était l'aventure. On avait un petit chalet paumé au milieu de montagnes très vastes et très sauvages. Il n'y avait pas d'hôpital avant deux heures de route et ma mère avait parfois peur qu'il nous arrive un pépin." Mais c'est une fois installée dans l'Hexagone avec sa maman que la jeune femme va prendre goût à la compétition. Et dès ses débuts, la Tessa fait preuve d'un caractère unique, mélange du flegme anglo-saxon et de la fougue latine. De l'extérieur, la jeune femme de 23 ans, qui partage sa vie avec Julien Lizeroux, vice-champion du monde de slalom et de combiné en 2009, affiche un calme olympien. Pourtant, à l'intérieur, "ça bouillonne" : "C'est peut-être mon côté anglo-saxon. Mon père est très flegmatique. Ma mère, elle, est une battante. J'aimerais lui ressembler. En course, j'ai beaucoup d'envie. Parfois même trop, et ça m'a coûté des courses."

Petit prodige aux nerfs d'acier

Mais pas que, comme le confie son papa Steven, venu spécialement d'Australie, où il s'est reconverti dans le vin, pour assister à la victoire de sa fille. A chaque fois qu'il s'est déplacé, comme il y a deux ans à Garmish ou l'année dernière à Soldeu, il y avait un podium à la clé, et même une victoire en Andorre. Hier, c'était sa petite fille qu'il revoyait avec la médaille d'or autour du cou. "Elle avait 6 ans et courait avec les moins de 9 ans. Et, sur le podium, elle avait beau être sur la plus haute marche, elle restait forcément plus petite que les autres. Mais elle avait déjà cette hargne et ces nerfs-là", raconte-t-il, ému. "Je suis petite, mais l'air de rien, je suis très tonique, très costaude, bien en muscles", explique Tessa Worley, qui dès ses premiers coups de ski a démontré une aptitude unique à attaquer la piste.

Ses grands débuts, elle les fait à 16 ans lors de la Coupe du monde, en février 2006. Pour sa quatrième participation seulement en octobre 2007, elle accroche une cinquième place à Sölden avant d'arracher une première victoire l'année suivante, à peine majeure... Un déclic pour elle : "Être une gagneuse, c'est venu sur le circuit de la Coupe du monde. Je découvrais une autre ambiance, un autre ski, et ça m'a portée. Quant j'étais jeune, ça marchait pas mal mais je n'étais pas la vedette. Le rêve de championne est né là."

Consécration et hommages

Et le rêve s'est progressivement réalisé, avec cette apothéose ce jeudi, reléguant la grande favorise Tina Maze à plus d'une seconde... Avec sept victoires en Coupe du monde et un titre de championne du monde, Tessa Worley est entrée dans la cour des grandes, récoltant les hommages des plus fortes. Carole Montillet, championne olympique de descente en 2002 : "Sa première victoire en 2008 n'était pas l'objectif de sa vie, elle ne s'est pas dit : 'Bon ben ça y est, je l'ai'. Il y avait déjà de la volonté. Une sacrée détermination qui se sent dans son ski." Même son de cloche chez Marielle Goitschel, championne de géant en 1966 : "Son talent, on le connait depuis longtemps. Elle était peut-être en retrait cette saison mais elle a démontré qu'elle était une grande championne car les grandes savent sortir les courses le jour où il faut. L'émotion avait été forte avec Marion Rolland, là elle l'était autant, même si la surprise était moins forte. Pour moi, Tessa, c'est un petit bouchon de champagne !" Carole Merle, dernière championne tricolore de géant en 1993, savourait également la victoire de sa jeune compatriote. Et pour cause : "Je pense qu'elle a gagné la course le jour d'avant, en la préparant, dans la tête. Elle a un mental d'acier ! Parvenir à faire son ski en étant super pro, sans être extravagante. Sans la connaître, j'adore sa fraîcheur, son naturel, son mental, sa simplicité et j'ai tout de suite accroché sur son style. Je me reconnais en elle. Quelqu'un m'a enfin succédé, je commençais à en avoir marre."

Heureusement, Tessa Worley est passée par là...

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