Lorsqu'on a envie de se chouchouter jusqu'au bout des ongles, plusieurs questions se posent rapidement : pour quelle couleur tendance opter cet été, quelle forme privilégier entre l'amande ou le carré ? Mais là ne s'arrêtent pas les interrogations ! Faut-il opter pour un vernis classique, facilement accessible en grande surface ou en magasin de cosmétiques, ou faut-il se tourner vers le vernis semi-permanent avec tout son attirail technique, voire pousser la porte d'un institut chez une prothésiste ongulaire ?
Si les deux formules présentent des objectifs bien différents, notamment sur le plan du fini, de la brillance et de la durée de tenue dans le temps, il faut également prendre en compte d'autres facteurs cruciaux avant de faire son choix. Car derrière la promesse d'une tenue impeccable durant trois semaines se cachent parfois des conséquences insoupçonnées sur la santé globale de nos mains.
Si le résultat impeccable du semi-permanent séduit au premier coup d'œil, son impact sur la structure naturelle de la plaque de l'ongle s'avère nettement moins réjouissant au fil des applications. Le premier risque direct lié à l'application régulière de vernis semi-permanents réside dans l'affaiblissement progressif de la kératine. L’utilisation répétée de ces formules tenaces peut rendre vos ongles cassants, mous, poreux ou striés, allant parfois jusqu'à provoquer un dédoublement ou une déformation durable.
Au-delà de cette fragilisation mécanique, l'autre problème majeur concerne l'exposition directe à des substances chimiques problématiques dont ces flacons regorgent. Parmi ces composés figurent par exemple le formaldéhyde, classifié comme un cancérigène avéré, ou encore le toluène, réputé toxique pour le système nerveux. Laurence Coiffard, enseignante-chercheuse en formulation cosmétique à l'Université de Nantes, se veut toutefois rassurante : “L'ongle est une lame inerte kératinisée, donc le produit ne peut pas pénétrer à travers. Par contre, si c'est mal fait en institut ou que vous n'avez pas l'habitude de le faire chez vous, le vernis peut déborder sur votre peau ou vos cuticules. Et dans ce cas, il peut y avoir des phénomènes de sensibilisation et des allergies.”
La différence fondamentale entre un vernis classique et une formule semi-permanente tient au mode de séchage : cette dernière doit obligatoirement être fixée et catalysée sous une lampe émettant des rayons UV ou LED. Cette étape incontournable ajoute un facteur de risque majeur à la liste. Une exposition répétée qui entraîne, par ricochet, “un risque de cancer de la peau par rapport à cette exposition”, appuie la chercheuse Laurence Coiffard. Bien qu'il soit “rare de développer des mélanomes ou des carcinomes” selon la dermatologue Isabelle Gallay, la menace existe bel et bien.
Par ailleurs, la phase de retrait s'avère souvent dévastatrice. “Le ponçage ou encore le polissage sont de mauvaises méthodes, car il peut y avoir des éclats dans les voies respiratoires”, alerte Laurence Coiffard, soulignant que le problème est identique avec la colle utilisée pour les faux ongles.
Pour limiter l'exposition à ces désagréments, la stratégie la plus efficace consiste tout simplement à privilégier la manucure traditionnelle. “Même si ce sont des produits toxiques, vous pouvez utiliser un vernis classique de qualité et vous aurez une tout aussi bonne tenue”, assure Laurence Coiffard. Prenez également le temps d'examiner attentivement la composition des flacons en magasin. Lorsque vous optez pour une pose professionnelle en salon, la dermatologue Isabelle Gallay préconise une approche proactive : “Il faut vous renseigner systématiquement sur les produits utilisés auprès des esthéticiennes. Et soyez vigilants sur l'hygiène des instruments pour éviter tout développement de bactéries.”
Pour les inconditionnelles de la tenue longue durée, il convient d'instaurer des fenêtres de repos. Si l'idée reçue selon laquelle l'ongle doit “respirer” est biologiquement fausse, laisser un délai suffisant relève du principe de précaution élémentaire. Certains experts recommandent de limiter l'application à trois séances par an, entrecoupées de pauses de deux mois minimum. Avant chaque passage sous la lampe, appliquez également une crème solaire sur vos mains pour prévenir des UVA. Enfin, concernant le retrait, privilégiez un processus doux avec un dissolvant spécifique sans acétone ou confiez à un professionnel attentionné.
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