Interrogé par Audrey Crespo-Mara dans le nouveau numéro de son podcast AURA (dans lequel la journaliste a précédemment reçu Florent Pagny et Jean Dujardin), Louis Garrel s'est montré d'une franchise désarmante sur son rôle de père. Loin de l'image glamour que lui colle son parcours dans le cinéma français, l'acteur à l'affiche de Juste une illusion vit une paternité tout à fait simple, se laissant parfois déborder.
Mais, "au moment où il faut être là, je suis là", confie-t-il à Audrey Crespo-Mara, qui l'avait aussi reçu pour son portrait dans Sept à Huit sur TF1. Avec sa fille de 18 ans, Oumy, qu’il a adoptée avec son ancienne compagne Valeria Bruni Tedeschi, il reconnaît garder un œil attentif sans pour autant être omniprésent : "Elle sait très bien quand même que j'ai quand même un œil sur ce qu'elle fait." Il évoque aussi cette danse permanente entre parents : "On fait toujours un peu good cop, bad cop. Il y a toujours ou le père qui est bad cop et la mère good cop." Une mécanique qu'il assume avec humour et lucidité.
La question de la transmission artistique, elle, lui arrache une réponse qui surprend. Lui, fils du réalisateur Philippe Garrel et de l'actrice Brigitte Sy, élevé entre plateaux de cinéma et planches de théâtre, ne souhaite pas que ses enfants empruntent la même voie. "Non, moi, ma fille ne veut pas être actrice, et je suis très content", lâche-t-il sans détour.
Même vœu pour son fils, Azel, né en 2021, dont la maman est l’actrice et top model Laëtitia Casta : "Mon fils, j'espère qu'il ne voudra pas être acteur." Une position tranchée, qui étonne d'autant plus venant d'un homme dont le nom est indissociable du septième art.
Pourquoi ce rejet ? Louis Garrel l'explique avec une clarté désabusée. Selon lui, le cinéma n'offre ni la régularité ni la solidité que mérite une vie professionnelle épanouie. "C'est mieux d'être architecte ou professeur", tranche-t-il, avant d'ajouter en souriant : "Pas dentiste." Ce sont, dit-il, "des vrais métiers qui te donnent, qui te font sortir de... qui sont plus réguliers." Il distingue toutefois le théâtre, qu'il juge plus humain : "Acteur de théâtre, ça, ça va. Tu répètes avec des gens." Le cinéma, en revanche ? "C'est tellement peu régulier comme métier que ce n'est pas vraiment un métier."
Des mots qui résonnent d'autant plus fort alors que l'acteur enchaîne les projets sur grand écran.
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