Loin de l’agitation parisienne, Alice Belaïdi a trouvé depuis longtemps un point d’ancrage essentiel : la Martinique. Un lieu à part, presque vital, où la comédienne de 39 ans se ressource dès que le rythme de sa carrière devient trop intense. "Depuis plus de vingt ans, la Martinique est devenue mon refuge. J’y guéris mes peines de cœur, mes déceptions professionnelles", confie-t-elle ce mercredi 25 mars à nos confrères de Paris Match. Une histoire d’amour née d’un hasard, à l’époque d’une relation de jeunesse. Et si l’idylle s’est arrêtée, le lien avec l’île, lui, n’a jamais été rompu comme elle le raconte. Sur place, Alice Belaïdi s’est façonné un quotidien loin des projecteurs : "Je me suis créé une vie parallèle ici. Le matin, je vais à la salle de sport, puis je vais me baigner dans une cascade perdue dans la forêt. Je médite en admirant la nature. Je passe voir ma petite boulangère et les commerçants du village que je connais bien. Je rentre m’occuper de mon jardin, jouer aux dominos ou aux cartes avec mes amis, lire… Le soir, on va prendre l’apéro au coucher du soleil avant un barbecue à la maison". Et de résumer avec sérénité : "C’est une vie très simple, mais qui surpasse tous mes rêves". Un équilibre précieux, qu’elle a construit au fil des ans, en parallèle d’une carrière exigeante. Récompensée d’un Molière en 2010 pour Confidences à Allah, elle a ensuite multiplié les rôles avant de préciser à Paris Match que "La seule chose que j’ai toujours refusée, c’est d’être cantonné à l’arabe de service et de travailler avec des personnes accusées de violences sexistes et sexuelles" car "Ça, malheureusement il en reste sur les plateaux".
Le succès massif du film Un p’tit truc en plus en 2024 a marqué un tournant dans sa vie. "Les retombées de ce film sont absolument folles", avoue-t-elle avant de préciser : "J’ai le sentiment d’être devenue une actrice populaire, d’avoir conquis le cœur du public… Je ne remercierai jamais assez Artus pour cette chance qu’il m’a donné. Ce film a définitivement changé ma vie". Mais derrière cette réussite, l’épuisement l'a rapidement guettée et "Un sentiment de surmenage" est apparu auquel s'est ajouté une épreuve personnelle avec la perte de son chien, son compagnon depuis quinze ans. Et c’est à ce moment que l'appel de la Martinique s'est davantage fait ressentir. "Je suis si reconnaissante d’avoir cette chance. Je sais que ce n’est pas la réalité des gens", confie-t-elle. Puis d'expliquer : "Quand je viens ici, je me confronte à leur réalité. Je les vois, les personnes qui travaillent et qui n’arrivent pas à se nourrir". "Mais dans cette vie, j’aspire avant tout au bonheur et mon épanouissement se trouve ici. Peut-être que dans deux ans, tout le monde aura oublié 'Un p’tit truc en plus' et que plus personne ne m’appellera… Au moins, je me serai offert deux ans de bonheur", se réjouit-elle. Récemment, cette relation à l’île a pris une nouvelle dimension grâce au documentaire En immersion, porté par le champion du monde d’apnée Morgan Bourc’his et diffusé ce samedi 28 mars à 20h50 sur Ushuaïa TV. Une expérience disons inattendue pour Alice Belaïdi. "Je trouvais que, pour une personne aussi ancrée à la terre que moi, c’était vraiment un beau challenge que de se jeter à l’eau", raconte-t-elle.
"Être en apnée, c’est tout arrêter, faire le vide et mettre littéralement sa tête sous l’eau", décrit-elle. Une pratique déroutante pour l’actrice, habituée à gérer son anxiété par d’autres moyens comme elle le précise : "Toutes ces techniques m’ont appris que la clef se trouvait dans la respiration et là on m’a demandé d’arrêter de respirer !". Des souvenirs de cette belle aventure ? "Il y a vraiment un moment où je me suis sentie épuisée. Je buvais la tasse. Je regardais les coraux morts. Je me sentais étouffée par la noirceur des profondeurs", reconnait-elle avant de confier alarmiste : "Quand j’ai découvert qu’à certains endroits de l’île, tous les coraux sont morts, j’ai vraiment eu un choc. Je me suis dit qu’il fallait absolument trouver une solution". Une retour à l'essentiel on ne peut plus nécessaire.
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