À même pas 18 ans, il porte sur lui les espoirs français à Roland-Garros. Mardi 26 mai 2026, au premier tour du tournoi qui se déroule jusqu'au 7 juin, Moïse Kouamé a renversé Marin Čilić, 46e mondial et ancien numéro 3 mondial, en trois sets (7-6, 6-2, 6-1), note Eurosport. Une victoire historique. À 17 ans tout juste, il est déjà entré dans les livres.
La salle de presse, d'ordinaire clairsemée en début de tournoi, affichait complet, affirme Ouest-France. Depuis le forfait annoncé d'Arthur Fils, numéro un français, personne n'avait suscité pareille curiosité. "Rendez-vous au deuxième tour !", a lancé Moïse Kouamé sur le court Simonne-Mathieu, sous les applaudissements lors de sa victoire. Il faut remonter à 1980 et à Thierry Champion pour retrouver un Français aussi jeune victorieux à Paris en Grand Chelem. Un destin que Le Parisien avait flairé huit ans en arrière, en particulier chez son frère. Car oui, chez les Kouamé, le tennis est une histoire familiale.
En novembre 2018, Le Parisien consacrait, en effet, un article aux frères Kouamé, alors âgés de 9 et 11 ans. Le titre : "À 9 et 11 ans, les frères Kouamé sont déjà des phénomènes." "Les deux frangins font partie des grands espoirs du tennis français", écrivait le quotidien. Moïse, le cadet, était alors trop jeune pour être classé. Mais son aîné Michaël, lui, portait déjà le maillot tricolore en tournois internationaux et avait même été classé numéro 2 français dans sa catégorie. Un engouement pour le tennis initié par leur sœur aînée.
Une fratrie précoce, dont le parcours n'est pas sans évoquer celui de Venus et Serena Williams. La mère des deux garçons, Suzanne, avait même relocalisé toute la famille de la banlieue du Val-d'Oise vers un appartement parisien du XVIe arrondissement pour épargner les heures perdues dans les bouchons. Elle y cumulait les rôles de kiné, coach et enseignante à domicile. "On entend des choses, qu'on n'a pas la bonne couleur de peau, les bons cheveux… Je sais que ce sera peut-être plus dur pour eux, qu'ils devront être meilleurs. Mais il ne faut pas se victimiser. Le plus important est qu'ils soient heureux", confiait-elle à l'époque. Aujourd'hui, l'histoire s'écrit. Et elle s'annonce belle.
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