En juillet 2023, Arnaud Denis, comédien et metteur en scène nommé à trois reprises aux Molières, subit une opération tout ce qu'il y a de plus banal : la pose d’un implant pour une hernie inguinale à la clinique Ambroise Paré à Paris. Ce qui devait être une intervention de routine se transforme rapidement en un véritable cauchemar. Peu après l’opération, le comédien commence à souffrir de douleurs extrêmes, de saignements urinaires et digestifs, d’un testicule qui noircit, de troubles sensoriels et d’une perte de poids importante de 17 kilos.
Malgré une opération aux États-Unis en avril 2024 pour retirer sa prothèse, son état général se dégrade progressivement. Arnaud Denis explique que le problème n’est pas seulement les douleurs, mais "l’altération grave de l’état général que les médecins n’arrivent pas à expliquer". Il souffre du syndrome ASIA, un trouble inflammatoire rare lié à l’exposition à certains adjuvants présents dans les implants, qui reste encore controversé scientifiquement et pour lequel aucun traitement reconnu n’existe.
Au micro de RTL le 16 janvier 2026, il détaille son calvaire quotidien : "Depuis que je me suis fait implanter, c'est l'horreur. Je n'arrive plus à manger depuis deux ans et demi maintenant. Je perds tous mes muscles, je ne peux bientôt plus marcher, je n'ai plus de hanches, je n'ai plus de quoi tenir mon dos, mon cou. J'ai des acouphènes épouvantables, j'ai perdu une partie de ma vue. C'est un cauchemar". Il ajoute : "Je ne peux plus sortir de chez moi, je n’ai plus de vie sociale, je n’ai plus de vie du tout. Je vis comme un patient en phase terminale. On ne peut pas m’aider. Les médecins n’ont plus rien à me proposer".
Après avoir reçu la notice de son implant, deux ans et demi après ses premières complications, listant quatorze effets secondaires graves, Arnaud Denis s’est engagé dans un combat pour alerter les patients. Il a créé le collectif "Victimes françaises de prothèses de hernie sur les réseaux sociaux", convaincu que son cas n’est pas isolé. Il a déjà recueilli 200 témoignages sur sa page Facebook, prouvant que de nombreuses personnes partagent son expérience.
Face à l’impasse médicale et à la détérioration irréversible de son état, Arnaud Denis a entamé des démarches pour bénéficier d’une euthanasie en Belgique : "Je ne veux pas me retrouver à l’hôpital avec des tuyaux partout. Un homme sait profondément en lui quand il est condamné." Immobilisé chez lui depuis plus d’un an, il insiste : "C'est un sujet délicat et je comprends que certaines personnes puissent juger ou ne pas comprendre parce que je ne suis pas objectivement dans une maladie terminale. Mais la médecine ne me propose plus rien. Je suis abandonné par le corps médical parce qu'ils ne comprennent pas".
Parallèlement, il prévoit de déposer plainte contre X pour "blessures involontaires" et participe à une action collective destinée aux victimes d’implants pour hernies, afin de défendre ceux qui, comme lui, ont vu leur vie basculer à cause d’une opération simple en apparence.
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