Antoine Arnault et Benjamin Patou passent à la vitesse supérieure dans la restauration haut de gamme. Associés depuis plusieurs années autour de différentes adresses, les deux hommes ont créé Lapérouse Holding, un groupe qui entend rassembler des établissements parisiens historiques et leur offrir une nouvelle dynamique. Une stratégie qui s’inscrit désormais dans un véritable projet de développement, avec plusieurs acquisitions et ouvertures prévues d’ici la fin de l’année 2026.
Le rapprochement entre les deux entrepreneurs ne date pas d’hier. En 2018, Benjamin Patou rachète Lapérouse, institution du VIe arrondissement. Trois ans plus tard, le concept est décliné avec le Café Lapérouse, installé au sein de l’hôtel de la Marine, puis à Saint-Tropez. Le duo poursuit ensuite sa stratégie avec l’acquisition de Lafayette’s, avant de s’attaquer à une autre adresse emblématique de la capitale : Prunier, dans le XVIe arrondissement.
Dès juillet 2025, Capital révélait les ambitions du duo après cette acquisition. Le magazine expliquait que cette opération pouvait constituer les bases d’une entité consacrée aux adresses haut de gamme parisiennes. Benjamin Patou avait alors résumé la philosophie de leur projet : "Réunir les plus belles adresses parisiennes répondant à ces quatre valeurs : historiques, iconiques, institutionnelles et indémodables."
Depuis, le projet a pris une nouvelle dimension. Dans un article publié en juillet 2026, Le Journal du Luxe indique que Lapérouse Holding souhaite s’imposer comme un acteur français indépendant de la restauration patrimoniale et vise 50 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2026.
Le groupe s’appuie déjà sur plusieurs maisons connues du paysage gastronomique parisien et prévoit de poursuivre son développement avec de nouvelles intégrations. Parmi elles figurent Lucas Carton, situé place de la Madeleine, L’Auberge Bressane, avenue de La Motte-Picquet, ainsi que Le Relais Louis XIII, dans le VIe arrondissement.
Cette stratégie ne repose pas uniquement sur les acquisitions. Lapérouse Holding prévoit également de développer certaines marques existantes et de multiplier les formats. Da Rosa doit ainsi connaître une nouvelle phase de développement avec deux adresses mêlant restauration et épicerie fine.
Le groupe prépare également l’arrivée de La Petite Maison Paris dans le Triangle d’or, dans le cadre d’un accord de franchise avec le restaurateur David Barokas.
De son côté, le réseau Café Lapérouse doit poursuivre son expansion avec notamment une implantation à La Vallée Village, en partenariat avec Value Retail.
Sur son site officiel, Lapérouse Holding présente son projet comme celui d’un groupe rassemblant "les restaurants les plus iconiques de Paris en termes d’Histoire, de gastronomie, de style et d’art de vivre". Une ligne qui permet de comprendre le positionnement recherché par les deux associés : plutôt que de créer une chaîne standardisée, ils veulent fédérer des établissements ayant déjà leur propre histoire.
L’approche est également pensée sur le long terme. Certaines adresses doivent être rénovées ou repensées, à l’image de ce qui avait été entrepris pour Lapérouse, tout en conservant leur identité. Le principe consiste donc à préserver le patrimoine de ces maisons tout en leur donnant de nouveaux leviers de développement.
Pour financer cette expansion, Lapérouse Holding a également ouvert son capital à plusieurs investisseurs minoritaires, parmi lesquels Jacques Veyrat, Yannick Bolloré ainsi que Ségolène et Ian Gallienne, selon Journal du Luxe. Le groupe ne compte par ailleurs pas limiter son activité à l’exploitation de restaurants.
Cette évolution intervient alors que Benjamin Patou a cédé, en janvier, sa participation majoritaire dans Moma Group, désormais contrôlé à 85 % par Butler Industries. L’entrepreneur peut donc désormais consacrer une nouvelle partie de son activité au développement de cette holding avec Antoine Arnault.
Pour le fils de Bernard Arnault, cette nouvelle aventure prolonge une connaissance de longue date des secteurs du luxe, de l’hospitalité et des marques. Pour Benjamin Patou, elle s’appuie sur plusieurs années d’expérience dans les restaurants et les lieux de vie parisiens.
Le projet est désormais clairement établi : constituer un groupe français indépendant capable de réunir plusieurs institutions de la restauration parisienne, en préservant leur histoire tout en leur donnant de nouvelles perspectives commerciales. Avec de nouvelles adresses annoncées ou programmées d’ici la fin de 2026, Lapérouse Holding entend désormais changer de dimension.