Interviewés par Jeremstar lors du Salon de l'Agriculture, Pierre et Frédérique ont levé le voile sur leurs dettes colossales contractées à la suite d'une décision risquée. En 2021, l'agriculteur décidait de lancer une expansion massive : "80 ha plantés en trois ans afin de produire essentiellement pour la coopérative, avec des avances sur récolte".
Rapidement, les parents de Gabriel, 12 ans, s'enlisent dans une situation inextricable. "En cinq ans, on a fait seulement trois récoltes, résume Fred. Il manque environ 15 000 à 20 000 hectolitres, soit près de 1 million d'euros", confie-t-il aux journalistes du Parisien. Ces derniers précisent que les pertes totales du couple atteignent 1,5 million d'euros et que leurs activités annexes, bien que toujours opérationnelles, ne suffisent plus à compenser le déficit.
Pourtant, lors de sa participation à l'émission, tout semblait sourire à l'agriculteur qui exploitait alors 10 ha et avait développé son activité via la vente directe, une boutique, un site Internet et une maison d'hôtes. "Après la mort de son père, il a voulu exploiter des terres qui faisaient rêver son papa, se prouver à lui-même qu'il était capable", explique Fred. Extrêmement inquiète et anxieuse, elle ajoute : "On a été tous les deux sous anxiolytiques pendant un an. On les a arrêtés car, à un moment, on s'est dit qu'on allait se pendre. Si je n'avais pas été là, avec notre fils Gabriel, on se suicidait. Cela fait deux mois et demi qu'on connaît un burn-out. Un mec seul face à cela se suicide. Je ne sors même plus dans le jardin de peur de tomber sur un huissier".
C'est inhumain
Le couple phare de la saison 7 de L'amour est dans le pré a même dû se résoudre à vendre la demeure familiale, transmise depuis près de deux siècles. Pierre explique : "C'était celle de mon arrière-grand-père, celle qui me faisait rêver quand j'étais gamin. (...) Tout cela, c'est mon héritage, c'est ma vie. Désormais, c'est devenu la maison de l'enfer, celle des huissiers et des contrôles. On va peut-être se retrouver dans un mobile-home à 150 € par mois avec ma belle-mère mais, au moins, on sera ensemble".
Du côté de la justice, Pierre et Frédérique ont été informés de leur placement en liquidation judiciaire lors de l'audience du 13 mars et doivent désormais justifier chaque dépense courante. "On nous reproche les 2000 € par mois pour vivre et les 2000 € pour l'Ehpad de ma mère, c'est inhumain", regrette Frédérique. Elle garde toutefois l'espoir d'un nouveau projet : "valoriser le stock de bouteilles accumulées sur plusieurs générations" et "peut-être ouvrir une boutique à Mont-de-Marsan". Concernant son fils, Pierre est catégorique : "Gabriel ne sera pas agriculteur. Je ne veux pas lui faire vivre ce que j'ai vécu ces quinze dernières années. Je bosse 60 à 80 heures par semaine pour en arriver là...". Un constat sans appel.
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