Après 23 ans de mariage, Emmanuel-Philibert de Savoie a confirmé au magazine italien Oggi avoir entamé une procédure de divorce avec l'actrice française Clotilde Courau. Mais si la justice civile va prochainement sceller leur séparation, qu'en est-il devant Dieu pour ce couple mythique ? Maria Giuseppina Buonanno, cheffe de service et célèbre vaticaniste chez Oggi, lève le voile sur les conditions religieuses de cette rupture auprès de Point de vue.
Comme le rappelle l'experte Maria Giuseppina Buonanno, le mariage catholique est avant tout un sacrement, et par conséquent, une "unité indissoluble". En clair : le mot "divorce" n'existe tout simplement pas dans le dictionnaire du Vatican. Alors, comment faire si le prince de Venise ou Clotilde Courau souhaitent un jour redire "oui" à quelqu'un d'autre à l'église ? Il n'y a qu'une seule issue reconnue par le droit canonique : obtenir une "nullité matrimoniale". Et la demande doit être déposée devant un tribunal ecclésiastique (celui du lieu de résidence ou de la ville où l'union a été célébrée).
Pour que l'Église efface une union, les ex-époux vont ensuite devoir passer par une véritable enquête, avec rassemblement de preuves et auditions de témoins. Le but ? Démontrer que le mariage "était nul et non avenu dès l'origine", explique-t-elle. Les motifs acceptés par l'Église sont d'ailleurs particulièrement lourds de sens. Parmi eux, Maria Giuseppina Buonanno cite "l'incapacité mentale, une grave immaturité, le refus d'avoir des enfants" ou encore "la persistance d'une relation extraconjugale pendant le mariage".
Historiquement, obtenir cette annulation était un véritable parcours du combattant. L'experte rappelle d'ailleurs le cas de la princesse Caroline de Monaco et de Philippe Junot. Le couple, marié entre 1978 et 1980, a dû patienter dix très longues années (la demande ayant été faite en 1982) pour enfin obtenir cette fameuse nullité. Le motif retenu à l'époque ? Philippe Junot avait été jugé "incapable de remplir ses obligations conjugales".
Heureusement pour Emmanuel-Philibert et Clotilde, les règles se sont assouplies. En 2015, le pape François a publié un motu proprio (une lettre ecclésiastique) baptisé "Mitis Iudex Dominus Iesus" et destiné à mettre fin aux procès interminables. Maria Giuseppina Buonanno confirme que la durée du processus a été drastiquement raccourcie, allant de "quelques mois à deux ans" en moyenne. Alors, maintenant que la machine du divorce civil est officiellement lancée, la grande question est de savoir si le prince et l'actrice iront jusqu'à demander l'annulation religieuse de leurs noces de 2003...
player2