Pour Clotilde Courau, ce n’est pas une décision prise à la légère, sur un coin de table. Ce n’est pas non plus une démarche opportuniste et seulement administrative, ou fiscale comme certains pourraient le penser. Il y a quelques semaines, la comédienne, qui fête son 57e anniversaire ce 3 avril 2026, est devenue Suissesse aux yeux de la loi. Cette annonce, glissée dans un portrait que lui a consacré le média suisse 24Heures, est l’aboutissement d’une volonté chevillée au corps de Clotilde Courau.
En 2023 déjà, elle évoquait son besoin d’obtenir un passeport helvète dans les colonnes de L’Illustré. Clotilde Courau disait alors rêver de “devenir Suissesse”, comme ses filles. “Il n’y a que moi qui n’ai pas la nationalité suisse pour le moment, regrettait-elle. Je croise les doigts.” Et elle a bien fait puisque sa patience a été récompensée. Et pour elle, cet ajout de nationalité est tout sauf une démarche anodine.
Si Clotilde Courau est aujourd’hui devenue suissesse, c’est parce que ce pays fait déjà partie de sa vie depuis plus de deux décennies. Bien avant les papiers, elle y avait déjà installé son quotidien, ses habitudes… et surtout sa famille. Au début des années 2000, l’actrice a en effet posé ses cartons à Genève. À cette époque, elle venait de rencontrer Emmanuel-Philibert de Savoie, lors du pentathlon pro-célébrités organisé par le prince Albert de Monaco, au profit de la Croix-Rouge monégasque. Encore minée par son histoire avec Guillaume Depardieu, Clotilde Courau a mis plusieurs mois avant de succomber au prince de Piémont et de Venise.
En couple, l’aristocrate et la roturière se sont installés à Genève, ville de naissance du prince. Mais c’est à Rome qu’ils ont scellé leur amour. Leur mariage de rêve a eu lieu à la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs de Rome le 25 septembre 2003, devant 1.200 invités triés sur le volet. Sous sa robe Valentino, Clotilde Courau cachait alors sa première grossesse, déjà bien avancée. Sa première fille, Vittoria, est née deux mois plus tard. En Suisse, évidemment. C’est aussi dans ce pays frontalier que Luisa, sa petite sœur, a vu le jour le 16 août 2006. Toutes les deux sont donc Suissesses de naissance.
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Et c’est dans ce pays que leur maman protectrice a construit sa vie de famille, loin de l’agitation qu’elle provoquait alors en France. La parenthèse suisse de Clotilde Courau a duré trois ans, de 2003 à 2006. “C’est un moment très particulier de ma vie et cher à mon cœur puisque je suis devenue maman. Mes filles, Vittoria et Luisa de Savoie, sont toutes deux nées à Genève et j’ai adoré habiter ici en famille”, instistait la comédienne auprès du magazine ELLE. Elle y a élevé Vittoria et Luisa et mis sa carrière sur pause. Contre son gré. “On ne me proposait plus rien. Une actrice qui ne travaille pas n'est plus une actrice, j'ai dû me battre pour mon indépendance”, analysait-elle auprès de la presse suisse, justement.
Car pour Clotilde Courau, “une femme doit garder sa liberté”. Y compris lorsqu’elle est mariée à un prince. Y compris lorsqu’elle vit loin de son pays d’origine. La Suisse lui a offert le calme et la sérénité dont elle rêvait pour ses enfants. "J’avais besoin de leur offrir une vie la plus normale possible", expliquait-elle dans Paris Match. Genève s’est alors imposée comme une évidence : une ville feutrée, apaisée, presque protectrice. Là, elle a aussi trouvé son équilibre personnel. “La beauté du lac et le charme de cette ville m’ont toujours beaucoup attirée. Je m’y sens bien et apaisée”, révélait-elle à ELLE. Le lac Léman donc, mais aussi la station réputée de Gstaad, “un lieu qui compte pour la famille” d’Emmanuel-Philibert de Savoie.
Mais cette pause dans sa carrière n’a pas été un véritable retrait. Révélée très jeune dans les années 1990 au théâtre aux côtés de Francis Huster et dans le film Le Petit Criminel de Jacques Doillon, l’actrice n’a jamais voulu cesser de tourner. Elle a alterné entre cinéma, télévision et théâtre, avec une prédilection pour les planches. "Le théâtre est un endroit de vérité", confiait-elle à Gala. Avec les années, sa vie est devenue plus nomade. Entre la France, l’Italie et ses projets professionnels, Clotilde Courau apprend à naviguer entre plusieurs univers. Vittoria et Luisa grandissent d’ailleurs dans cet environnement multiculturel.
"Mes enfants ont plusieurs racines, et c’est une richesse", expliquait Clotilde Courau dans Madame Figaro. Mais sur le plan amoureux, les choses ont évolué. Avec le temps, sa relation avec Emmanuel-Philibert de Savoie s’est délitée. Le prince avait confirmé leur divorce dans la presse italienne en 2025, après avoir été aperçu avec sa nouvelle compagne, l’ex-Miss Adriana Abascal : “Nous sommes séparés depuis quatre ans.” Cette rupture, Clotilde Courau et son ex-mari ont d’abord décidé de la garder privée “parce que cela ne regarde personne”, disait-il. Mais sa nouvelle idylle lui a forcé la main.
“Au début, cela n'a pas été facile, s'est-il souvenu dans les colonnes du Corriere della Sera. J'ai eu tort de ne pas lui parler immédiatement d'Adriana et elle l'a appris par la presse.” Clotilde Courau ne semble pas lui en vouloir. Et sa carrière, stoppée pendant leur mariage, a repris de plus belle. “Aujourd’hui, je remercie toutes ces années où on m'a dit non et, surtout, je ne regrette en aucun cas d’avoir épousé un homme que j’aimais”, confiait-elle à 24Heures, média… suisse, pays où elle passe toujours beaucoup de temps.
En 2026 d’ailleurs, Clotilde Courau va multiplier les apparitions. Au cinéma, on la verra dans Le Lac du réalisateur suisse Fabrice Aragno. Et au théâtre, bien sûr, où elle va jouer avec Sylvie Testud, Stéphane De Groodt et Stéphane Facco une pièce de Florian Zeller. Elle partira ainsi en tournée en Suisse romande. Son deuxième pays, celui qui lui a ouvert les bras, permis de créer sa famille et avec lequel elle a gardé un lien particulièrement fort.
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