Être parent n'est pas un long fleuve tranquille, et nos chers bambins savent parfaitement comment mettre nos nerfs à rude épreuve ! Arrivés à un certain âge, les enfants cherchent naturellement à tester les limites du cadre familial, tenter de contourner les règles établies et pousser au maximum les barrières du quotidien. C'est alors que la redoutable phase de négociation démarre, mettant l'équilibre et la patience de la maison au défi. Dans ces moments d'épuisement, on a vite fait de perdre son calme : la voix monte d'un cran, l'agacement prend le dessus et la punition finit par tomber abruptement. Toutefois, cette réaction impulsive n'est pas du tout la bonne stratégie à adopter selon Laurent Combalbert, ancien négociateur professionnel au sein du RAID.
Interrogé par le média Parents, l’expert en gestion de crise explique : “Le questionnement ou l’art du questionnement c’est quelque chose auquel nous on se forme, les négociateurs. En tant que parents, on n’a pas appris ça.” Et pourtant, cette technique d'écoute et de communication qui pourrait s'avérer salvatrice au sein du foyer pour désamorcer les tensions rapidement.
Plutôt que d'affronter directement son enfant par un non catégorique qui bloque toute communication, Laurent Combalbert préconise d'ouvrir un dialogue constructif. Dans son entretien, le spécialiste détaille le mécanisme de cette méthode qui transforme le rapport de force en un échange apaisé : “Savoir poser une question, c’est aussi ouvrir une porte. Plutôt qu’affirmer quelque chose ou imposer quelque chose, c’est intéressant de poser la question. “Papa je peux regarder la télé ce soir ?” On pourrait dire “Bah non, tu vas te coucher puisque demain il y a école”. Ce qui est intéressant, c’est d'interroger sur la règle. “D’accord tu veux regarder la télé, mais demain il y a école ?”. On a déjà la réponse évidemment, mais on laisse notre enfant apporter la réponse.” Et la technique ne s’arrête pas là. “Ensuite, une question ouverte : “À quelle heure on va se coucher quand il y a école ?”. “On va se coucher à 20h30”. Et bien voilà, la règle c’est qu’on va se coucher à 20h30. “Oui mais s’il te plait, est-ce que je peux regarder la télé, parce qu’il y a un documentaire éducatif ?”. Et là, on commence la discussion et la négociation. Mais amener des questions au départ, ça évite d’imposer. Ça permet aussi à nos enfants de rappeler eux-mêmes la règle” explique-t-il.
Cette posture intelligente n'empêche évidemment pas les plus filous de tenter leur chance ! Mais là encore, l'ancien négociateur conseille d'y répondre avec malice et bienveillance : “Si ils nous sortent une énormité : “À quelle heure on va se coucher quand il y a école ?” “À 22h30”. Alors qu’ils savent très bien que c’est 20h30. Là, on le rappelle : “Écoute, là t’es pas en train de me raconter des histoires ? T’es sûr que c’est 20h30 ? T’es vraiment sûr ? Tu me prends pas un peu pour un idiot ?””. Un petit moyen de pression bénéfique selon Laurent Combalbert : “On lui rappelle aussi qu’il peut jouer, il peut tenter, la mauvaise foi notamment. Nos enfants sont parfois très forts là-dedans mais il faut leur montrer qu’on est pas dupes sans pour autant les rabrouer, parce qu’ils tentent un truc. C’est toujours bien quand ils tentent.”
Une tactique qui prouve qu'avec un peu de tact et beaucoup d'écoute, la diplomatie reste votre meilleure alliée du quotidien !