Dans le paysage du septième art français, Marie-Christine Barrault occupe une place à part, marquée par un talent hors norme et des rôles mémorables. Mais au-delà des plateaux de tournage et des planches de théâtre qui ont fait sa renommée, l'actrice aujourd'hui âgée de 82 ans a vécu une passion amoureuse hors du commun qui a façonné toute sa vie. Elle fut, en effet, la toute dernière compagne du réalisateur Roger Vadim, cinéaste incontournable à qui l'on doit des films cultes comme Et Dieu… créa la femme ou Les Liaisons dangereuses.
Mariée au célèbre artiste après sa relation passée avec Daniel Toscan du Plantier, le père de ses enfants David et Ariane, l'actrice a partagé avec lui douze années d'un bonheur et d'une complicité sans faille, jusqu'au décès brutal de ce dernier en 2000 à l'âge de 72 ans. Vingt-six ans après la mort de celui qui fut le grand amour de sa vie, la nièce de Jean-Louis Barrault est revenue avec une lucidité époustouflante sur cette épreuve au micro du podcast Acte.
Face au micro, la comédienne a partagé une vision d'une finesse remarquable sur la manière d'appréhender le départ irrémédiable de l'être aimé, refusant catégoriquement de sombrer dans l'abattement. “Le deuil c’est un travail. Ce n’est pas un état. [...] C’est l'inverse de l’amour parce que l’amour faut apprendre à vivre avec quelqu’un et le deuil il faut apprendre à vivre avec, mais sans quelqu’un. C’est un travail d’imagination, c’est un travail de courage, c’est un travail de joie, de ne pas perdre la joie et de ne pas se perdre soi-même.”, s'est-elle remémorée.
Plus encore, refusant l'idée que le fait de devenir veuf ou veuve doive effacer la personnalité de celui ou celle qui reste, la comédienne a poursuivi : “Je trouve ça horrible de penser que parce qu’on a perdu quelqu’un, on n’existe plus. C’est nier la valeur qu’on peut avoir et l'identité qu’on a. Si on aime quelqu’un et que ce quelqu’un meurt, on doit être deux fois plus soi-même, pas moins. Au jour le jour, il faut soutenir sa propre existence. Je trouve que la dépendance, quelle qu'elle soit c’est tragique. Et ça peut être aussi, le deuil ça peut être une dépendance dont on ne se sort pas.” Une belle leçon de philosophie de vie qui montre comment Marie-Christine Barrault puise sa force dans l'héritage d'amour laissé par Roger Vadim plutôt que d’y sombrer.