Bien avant de se retrouver sous les projecteurs lors des obsèques de Brigitte Bardot, le cercueil en osier faisait déjà parler de lui. Dès mars 2025, France 3 présentait cette alternative écologique et économique qui suscitait alors un vif intérêt dans la Somme, où un modèle artisanal baptisé Bohemian était présenté au public. Une initiative locale devenue, depuis, un symbole fort lorsque l'un de ses modèles est apparu devant les caméras du monde entier pour le dernier voyage de l'actrice, sous les yeux de ses proches à Saint-Tropez.
Ce cercueil est né au Boisle, petit village picard, au sein de la Vannerie de Candas. Son gérant, Xavier Quointeau, a lancé ce projet après avoir été surpris par des demandes répétées de clients. En collaboration avec les pompes funèbres Liberté-Brusadelli à Abbeville, il développe alors un modèle conforme à la législation française, habillé d’osier tressé à la main autour d’une structure réglementaire. Un travail minutieux, utilisant entre 20 et 25 kilos d’osier récolté localement.
Présenté début 2025, le Bohemian rencontre rapidement un accueil positif. "J’ai été la première étonnée par un tel enthousiasme", reconnaît Minna Holleville, directrice des pompes funèbres partenaires. Son prix, plus attractif, participe à cet engouement : 1 670 euros, contre environ 2 000 euros pour un cercueil en chêne, avec un autre atout de taille, celui d’être biodégradable et compatible avec la crémation.
Ce cercueil en osier, encore confidentiel quelques mois plus tôt, a pris une dimension nationale lors des obsèques de Brigitte Bardot, le 7 janvier 2026. L’actrice avait choisi ce modèle bien avant sa disparition, en parfaite cohérence avec ses engagements. Sur Facebook, la créatrice du cercueil est sortie du silence dans un message fort.
"Le secret a été gardé jusqu’au bout par respect. Il y a parfois des coïncidences qui n’en sont pas. Il y a quelques années, sa main a relâché un bébé phoque chez nous en Baie de Somme. Un geste simple, libre pour la vie. Un geste en lien avec sa fondation engagée pour la protection des animaux." Elle ajoute : "La nature garde la mémoire, toujours. Quand une vie a protégé le vivant, le dernier écrin doit lui ressembler : naturel, sincère, sans artifice." Avant de rappeler l’origine du cercueil : "C’est en Picardie dans le village du Boisle qu’a été façonné un cercueil en osier, le Bohemian. Même territoire, même souffle, même respect du vivant." Et de conclure : "L’osier retourne à la terre, comme le phoque à la mer. Honorer une vie, c’est respecter ce qu’elle aimait. Adieu BB."
Pensé bien avant cet hommage très médiatisé, le cercueil en osier s’impose aujourd’hui comme un choix original et engagé. Et après les funérailles de celle dont la sœur n'a pas pu se déplacer à ses funérailles, cette option encore rare pourrait bien connaître un essor inattendu. Peut-être l’ultime tendance lancée par une femme qui en a marqué tant d’autres.
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