Derrière le sourire et l'énergie que lui connaît son public, Juju Fitcats a longtemps vécu avec une maladie qui prenait une place considérable dans son quotidien. À l’occasion de la sortie de Guérir de l’anorexie, c’est possible !, publié aux éditions Solar, la compagne de Tibo InShape a accepté de revenir sur cette période particulièrement éprouvante.
"J'avais besoin d’en parler parce que j'avais la sensation que c’était une nouvelle façon de me libérer de cette histoire", confie-t-elle sur France Inter. Avec cet ouvrage écrit avec la psychiatre Cécile Feltin, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, elle souhaite apporter des réponses à celles et ceux qui se sentent démunis face à la maladie. Car pour Juju Fitcats, tout ne s’est pas installé brutalement. Au départ, les changements dans son alimentation et l’augmentation de son activité physique pouvaient lui sembler positifs. Mais, progressivement, cette dynamique a basculé. Les restrictions sont devenues toujours plus importantes et le sport, loin d’être une source de plaisir, s’est transformé en contrainte.
Du contrôle permanent
Derrière ce qui pouvait ressembler à une hygiène de vie rigoureuse se cachait une souffrance bien plus profonde. "C’est une obsession et du contrôle permanent", résume-t-elle en évoquant son quotidien à cette époque. Alors étudiante en biochimie, elle devait composer avec des journées chargées tout en organisant sa vie autour de la course à pied. Elle partait courir dès 6 heures du matin ou attendait 20 heures pour s’entraîner, y compris lorsque les températures étaient particulièrement élevées. Le sport occupait presque tout son temps libre, tandis que la peur de prendre du poids monopolisait ses pensées. "C'était des pesées jusqu'à dix fois par jour : au réveil, avant le petit-dej, après le petit-dej, après être allée aux toilettes, avant une séance de sport et après... C'était aussi anticiper ce que j'allais manger le lendemain, ce dont je ne pourrai échapper, comment j'allais organiser ma journée pour qu'il n'y ait pas 100 grammes de plus sur la balance", détaille-t-elle.
La souffrance de Juju Fitcats s’accompagnait aussi d'un sentiment de honte. À l'époque, elle avait même caché sa balance sous son lit pour éviter d’avoir à se justifier auprès de ses parents. Le tournant est survenu lorsqu'elle a commencé à avoir des pensées suicidaires. C'est finalement une consultation chez son médecin généraliste qui a permis de faire émerger le problème. Et cette reconnaissance d'anorexie mentale qui a suivie a marqué le début d’un long parcours pour sortir de la maladie.
En racontant sans détour cette histoire qu’elle a longtemps gardée pour elle, l’influenceuse espère désormais transformer son expérience en une aide pour les autres.