Connue du grand public pour ses performances éblouissantes depuis la toute première édition Danse avec les stars (TF1) en 2011 (elle avait remporté cette première saison avec M. Pokora), Katrina Patchett dévoile aujourd'hui une facette méconnue et intime de son parcours. À l'occasion de la publication de son livre autobiographique intitulé Mon corps, mon combat aux éditions Fayard, la danseuse professionnelle accorde une interview poignante à En privé avec, format orignal de Webedia.
Au cours de ce long entretien, celle qui a été éliminée la première de Danse avec les stars avec son partenaire Philippe Lellouche lève le voile sur les troubles du comportement alimentaire (TCA) qui ont gangrené sa vie pendant de nombreuses années. Loin des paillettes, des costumes de lumière et des sourires affichés à la télévision, elle raconte la spirale infernale de la maladie. Katrina Patchett a souffert durant vingt ans de boulimie et elle n'a aujourd'hui plus honte de le dire. Au contraire, elle espère que tout ce qu'elle a traversé et le raconter pourra permettre à d'autres de trouver la force de vaincre cette maladie.
C'est à l'adolescence, une période charnière, que les premiers troubles s'installent. Évoluant dans le milieu exigeant de la danse, dans lequel elle baigne depuis toute petite avec ses parents, où le corps est un outil de travail scruté en permanence, la pression a agi comme un déclencheur. "J'ai commencé à vraiment passer à l'acte à l'âge de 15 ans, de me faire vomir ", confie-t-elle, expliquant que cette bascule a fait suite à "beaucoup de critiques du milieu" de la danse et à diverses circonstances personnelles. Ce qui commence comme un acte isolé s'enracine insidieusement dans son quotidien : "Ça s'est empiré petit à petit. Au début, c'est après chaque repas. [...] Je mange quand même mes trois repas par jour et puis voilà, tout de suite après, je vais me vider." "La raison pour laquelle j'ai commencé, c'était pour perdre du poids", ajoute Katrina Patchett.
Au-delà de l'aspect purement physique, Katrina Patchett tient à mettre en lumière la dimension psychologique complexe de la maladie, un sujet dont "on ne parle pas suffisamment" selon elle. Elle tient d'ailleurs à déconstruire certains clichés : "La boulimie, ce n'est pas que de se faire vomir. Il y a deux types [...], il y a de la boulimie où les gens sont juste addicts à la bouffe, où ils mangent, ils mangent, ils mangent, et en fait, ils n'arrivent jamais à remplir ce vide."
La chorégraphe décrit ensuite le mécanisme de compensation émotionnelle destructeur dont elle a souffert : "Au fur et à mesure, il y a un vrai vide qu'on a besoin de remplir. Du coup, ce vide, on le remplit plusieurs fois par jour. Mais en remplissant ce vide, on se sent coupable." Cette culpabilité entraînait le besoin vital de "reprendre le contrôle sur la situation, donc on enlève tout. "
Pendant des années, y compris lors de ses plus belles victoires télévisuelles, la maladie s'est imposée par phases. L'ancienne partenaire de M. Pokora révèle que la pathologie a parfois muté : "Il y a une période où ça s'est transformé aussi en anorexie, ce qui n'est pas rare pour quelqu'un qui a des troubles alimentaires." Dans ses moments de détresse les plus profonds, livrée à elle-même, la perte de contrôle était totale, menant à de "vraies, vraies crises, à le faire 20 fois par jour".
Elle raconte avec courage l'aspect compulsionnel et machinal de ces épisodes terrifiants : "Aller au supermarché, me remplir des sacs, d'acheter à manger pour facile une dizaine, vingtaine de personnes... avec des choses qui ne sont même pas agréables de manger en quantité. [...] Je n'avais même pas de goût à ça. Je ne sentais pas ce que j'étais en train de manger, c'était juste : il fallait remplir."
En publiant Mon corps, mon combat, Katrina Patchett ne se contente pas de relater sa propre souffrance. En mettant des mots sur ces maux souvent tus et cachés sous les costumes de scène, elle fait œuvre de pédagogie et de prévention. Son témoignage s'impose comme un outil précieux pour alerter sur ces maladies invisibles qui détruisent en silence, tout en apportant un message d'espoir à ceux qui luttent pour, eux aussi, reprendre définitivement le véritable contrôle de leur vie.
Propos exclusifs ne pouvant être repris sans la mention Purepeople
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