Plus de quarante ans après la disparition de Georges Brassens, l’héritage du poète continue de faire parler de lui, mais cette fois pour ses archives et souvenirs personnels, plutôt que pour ses chansons. Depuis près de dix ans, une bataille judiciaire oppose la famille du chanteur à des proches de l’artiste au sujet de manuscrits, lettres, brouillons et objets ayant appartenu à Brassens.
Le neveu et légataire universel, Serge Cazzani, réclamait que ces pièces précieuses rejoignent les collections de la Bibliothèque nationale de France. Selon Le Figaro, il s’était notamment opposé à une vente aux enchères organisée fin 2022 par Françoise Onteniente, fille de Pierre Onteniente, ami et secrétaire du chanteur, qui avait mis en vente 404 lots, dont des lettres intimes, des partitions et des livres dédicacés, pour un montant estimé entre 600 000 et 900 000 euros. La famille Brassens avait obtenu la suspension de cette vente et engagé des actions civiles et pénales pour récupérer les biens.
Mais le 2 avril dernier, les juges ont donné raison à Françoise Onteniente. Selon nos confrères du quotidien, "aucune des pièces versées en procédure ne permet de constater que les biens litigieux ont été légués à feu sa mère ni de constituer une présomption précise et concordante suffisante pour l’établir". Les magistrats ont souligné que Serge Cazzani est "l’héritier du légataire de Brassens" et non le légataire direct, et que les objets revendiqués avaient été légalement transmis aux Onteniente. Il devra par ailleurs payer près de 58 000 euros de frais à la maison de ventes et aux avocats adverses.
Pour l’avocate de la famille, Maïa Kantor, cette décision est un revers majeur : la restitution des archives à la Bibliothèque nationale reste compromise, et Françoise Onteniente pourra désormais disposer librement des souvenirs de Brassens. La balle est désormais dans le camp de Serge Cazzani et de sa fille, qui peuvent faire appel ou se pourvoir en cassation, mais pour l’instant, la justice valide la propriété des proches historiques de l’artiste sur ses biens.
Au-delà du conflit qui oppose les deux camps, c’est la mémoire de l’artiste qui se trouve au cœur de cette affaire. Les héritiers souhaitaient préserver ces archives comme un trésor public, mais la justice a rappelé que la transmission des biens obéit avant tout à des règles testamentaires précises. Le destin des souvenirs de Brassens reste donc suspendu pour le moment.
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