Né à Paris en 1951, Gilbert Montagné vit actuellement dans le XIIᵉ arrondissement, près de la Bastille, depuis maintenant trente ans. C’est à nos confrères du Parisien que le célèbre interprète du tube On va s’aimer a accepté de parler de la capitale et de son rapport à celle-ci. Celui qui confie apprécier parcourir la ville à pied se souvient même de ses promenades en solitaire dès l’âge de sept ans, muni de sa canne. Pour rappel, le chanteur est devenu non-voyant à la suite d’un endommagement des tissus du nerf optique, brûlés à sa naissance en raison d’un air trop riche en oxygène dans la couveuse dans laquelle il avait été placé après sa naissance prématurée. “J’entendais les gens dire : C’est le petit qui ne voit pas clair. Cela m’amusait. Lorsque je faisais les courses, je m’asseyais à la caisse enregistreuse. Les gens me disaient combien ça coûtait et je tapais sur le clavier. J’étais fier qu’on me fasse confiance. Ça a forgé ma croyance au possible”, a-t-il confié avec nostalgie.
Mais comment parvient-il à se repérer sans la vue à sa disposition ? Au fil des années, Gilbert Montagné a appris à développer ses autres sens et sait parfaitement où il se trouve, uniquement grâce aux sons et aux sensations qu’il perçoit. “Je circule en voiture mais aussi beaucoup à pied, notamment dans mon quartier de Bastille où j’habite depuis trente ans. […] Pour me repérer, je fonctionne d’abord aux sons. Les murs par exemple, je les entends. Ils sont comme une ombre sonore dans l’espace, donc je les perçois. Mais je me repère aussi beaucoup à la texture du sol, qui est parfois lisse, parfois rugueuse. Je suis capable de savoir exactement où je suis selon ce que je sens sous mes pieds.”
Ayant un véritable attrait pour les musées, celui qui se bat pour que l’on puisse toucher les murs et les œuvres qui s’y trouvent mène également un autre combat qui lui tient particulièrement à cœur.
Si l’époux de Nikole déplore le bruit et la pollution que l’on peut retrouver dans la capitale, il a également tenu à souligner la nécessité de mettre en place des mesures pour sécuriser les quais de métro. Il se souvient notamment d’une mauvaise expérience vécue dans sa jeunesse, qui aurait pu lui coûter la vie. “Je ne circule plus en métro car c’est difficile quand on est une personnalité publique, mais cela me manque. Jeune, je le prenais seul car j’avais appris toutes les lignes et les stations. Ce qui ne m’a pas empêché de tomber sur les rails au métro Belleville. J’avais 16 ans et, avec une amie non-voyante elle aussi, nous n’étions pas concentrés et nous sommes tombés. Nous avons eu la chance de ne pas être électrocutés”, a-t-il révélé, avant de s’attrister du décès d’un malvoyant dans le métro en décembre dernier.
“J’ai encore été très choqué par la mort d’un homme malvoyant fin décembre à la station Denfert-Rochereau. Il faut trouver une solution pour les stations qui ne sont pas équipées de portes palières. Nous avons tous dans la poche une télécommande qui active les feux tricolores que vous entendez parfois parler. Il faut équiper avec ces balises les 660 quais qui ne sont pas sécurisés. Je fais tout mon possible pour plaider cette cause”, a-t-il alors poursuivi, lui qui, à 74 ans, s’apprête à sortir un nouvel album intitulé L’Amour dans les mains au mois de mars 2026.
En parallèle de son engagement constant pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes malvoyantes, Gilbert Montagné continue de mener avec passion sa carrière musicale, pour le plus grand plaisir de ses nombreux fans.
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