Dans la famille Tapie, on connaissait le père, l'homme d'affaires Bernard. Il y a également le fils, Laurent Tapie, entrepreneur polyvalent évoluant avec agilité dans des secteurs variés depuis le lancement de sa première société en 1996. Héritier d'une force de caractère et d'un sens aigu du business, il a su tracer son propre chemin. Depuis 2019, un défi majeur occupe tout son esprit : la résurrection de la marque automobile française Delage. Bien qu'il soit à la tête de plusieurs structures, Laurent Tapie confie qu'il ne compte jamais céder cette entreprise, y voyant l'aboutissement d'un engagement personnel profond et d'une ferveur intacte.
Le pari de relancer la marque fondée par Louis Delage, dont l'activité avait cessé en 1953, représente pour Laurent Tapie bien plus qu'une simple transaction financière. En propulsant cette enseigne historique dans l'univers assez exclusif des hypercars, il a réussi à fédérer une clientèle internationale prestigieuse, à l'instar de Tony Parker qui possède un exemplaire de la D12. Interrogé par Nice-Matin, le chef d'entreprise revient sur ces sept années de développement avec une satisfaction certaine. "J’ai commencé ma première boîte en 1996 et ces trente années, jamais un projet ne m’a autant exalté que Delage. Parce que je suis dans ma passion pour la première fois. C’est une entreprise que je ne vendrai jamais, car je n’ai pas l’impression de bosser !", déclare le frère de Sophie Tapie, chanteuse de métier. Pour lui, la stabilité acquise après la phase critique de création est un gage de pérennité. "La très large majorité des projets automobiles explosent en cours de route durant ces sept ans. C’est le temps qu’il faut pour passer d’une feuille blanche à une usine en production qui livre des clients. Quand on arrive à tenir, en général, on reste", explique-t-il, soulignant que le plus dur est désormais derrière lui.
Sous l'impulsion de son dirigeant, Delage ne se limite plus à la seule production de bolides d'exception et entame une diversification stratégique vers le tourisme et l'immobilier haut de gamme. "On a déjà signé un accord en Chine sur l’île de Hainan, pour y développer un village regroupant des leaders mondiaux du luxe. La même chose en Arabie saoudite. Et nous sommes en discussion pour tout un complexe à Miami, que je ne peux pas dévoiler encore", s'enthousiasme le fils de Dominique Tapie, la veuve du regretté Bernard Tapie. L'entreprise s'étend également à l'horlogerie et aux matériaux composites via des filiales dédiées levant leurs propres fonds. L'avenir de la marque se dessine avec une vision claire sur la prochaine décennie, où Laurent Tapie aspire à faire de Delage un acteur majeur dans l'ensemble de ces secteurs de prestige. Et côté automobile, il y voit également clair : "Nous avons déjà dessiné les quatre voitures qui feront la gamme d’ici huit ans. On a même fait une cinquième d’exception. On espère les produire. C’est déjà tellement de travail de créer un modèle ! Et il y aurait un côté enfant gâté de sortir cinq voitures en trois ans, il ne faut pas se précipiter." Un avenir déjà tout tracé !
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