Rebecca Cheptegei, née le 22 février 1991, avait participé aux Jeux Olympiques de Paris en août dernier. Bien connue dans le milieu de l'athlétisme mondial, elle est notamment championne du monde de course en montagne en montée et descente en 2022 et médaillée de bronze sur 5 000 mètres aux Jeux mondiaux militaires d'été de 2011. Elle s'était installée à Endebess au Kenya pour s'entraîner.
Mais dimanche dernier 1er septembre, ce lieu de sérénité s'est transformé en scène de cauchemar lorsque son compagnon, Dickson Ndiema Marangach, a commis l'irréparable. Il l'a aspergée d'essence avant de mettre le feu à son domicile. A leur retour de l'église, il l'a arrosée d'essence et a mis le feu sous les yeux de ses enfants, deux fillettes âgées de 9 et 11 ans, selon le quotidien kényan The Standard. Rebecca a été brûlée à plus de 80 % par un homme présenté comme son compagnon, lui aussi blessé.
On apprend désormais une terrible nouvelle. La marathonienne est décédée des suites de ses brûlures, a annoncé jeudi le président du comité olympique ougandais.
"Nous avons appris le triste décès de notre athlète olympique Rebecca Cheptegei à la suite d'une violente agression de son petit ami. Que son âme repose en paix et nous condamnons fermement la violence contre les femmes", a déclaré Donald Rukare dans un message sur X. "Il s'agit d'un acte lâche et insensé qui a conduit à la perte d'une grande athlète. Son héritage perdurera", a-t-il ajouté.
"Tous ses organes ont cessé (de fonctionner) la nuit dernière", a confirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un médecin du Moi Teaching and Referral Hospital (MTRH) de la ville d'Eldoret où l'athlète de 33 ans, qui avait participé au marathon des Jeux olympiques de Paris en août (44e), était soignée.
"Rebecca Cheptegei est morte. Nous prononçons ton nom au pays des vivants. Repose en paix. Oui, c'est un féminicide. Nous devons mettre fin aux féminicides", a réagi sur X Njeri Migwi, cofondatrice de l'association "Usikimye" ("Ne reste pas silencieuse" en swahili), refuge pour victimes de violences sexuelles et sexistes.
Son agresseur était hospitalisé au même endroit, souffrant de brûlures à 41% et l'on vient d'apprendre par l'AFP qu'il a succombé aux brûlures subies lorsqu'il a aspergé d'essence et mis le feu à la marathonienne ougandaise.
La carrière de Rebecca Cheptegei avait pourtant tout pour briller. Athlète talentueuse et déterminée, elle a marqué les compétitions internationales par sa force et son endurance. Après sa participation aux JO de Paris, elle espérait continuer à faire rayonner l'Ouganda sur la scène sportive mondiale. Mais ce rêve a été brutalement interrompu par cet acte de violence insensé. Son père et sa soeur présents à son chevet espèrent un miracle. Le président du Comité olympique ougandais a appelé à la solidarité :"Levons-nous contre la violence, surtout contre les femmes ".
C'est un drame qui bouleverse une fois de plus le monde du sport. En effet, Rebecca n'est pas la première athlète à être victime de violences domestiques. En 2021, Agnes Tirop, une autre étoile montante du marathon, avait été poignardée par son mari. Avant elle, la bahreïnie Damaris Mutua avait été retrouvée morte à Iten en 2022, présumée tuée par son compagnon.