Vingt ans après le succès monstre de la comédie musicale "Le Roi Soleil", Kamel Ouali s’offre actuellement un délicieux bain de nostalgie avec sa reprise au Dôme de Paris pour près de deux mois. Le spectacle partira ensuite en tournée nationale. Si les tubes Être à la hauteur, Je fais de toi mon essentiel ou Tant qu'on rêve encore, sont toujours au programme, "Le Roi Soleil" a été remanié avec une dramaturgie plus adaptée à l’époque. “Pour ne rien vous cacher, je trouvais que le rôle-titre manquait d'empathie, a expliqué le metteur en scène Kamel Ouali sur France Inter. C'est pourquoi j'ai rajouté trois choses qui n'existaient pas dans la version précédente : le roi face à la mort de sa mère, le roi en train de s'amuser avec son frère, et lui prenant à part le public. On pourrait presque croire que c'est un film.”
La remarque est amusante car la vie de Kamel ressemble elle-même à un long-métrage. Un film à très gros succès, d’ailleurs devenu une comédie musicale en 2005 ! Souvenez-vous, en 2001 Billy Elliot rassemblait 2,3 millions de spectateurs en France et engrangeait 109 millions de dollars dans le monde. Cette production britannique raconte l’histoire de Billy, un jeune garçon de onze ans qui habite dans une petite ville minière anglais et veut devenir danseur étoile. Craignant la désapprobation de son père, il lui cache ses cours et ses ambitions. Eh bien, c’est à peu près ce qu’a vécu Kamel Ouali en 1987 ! Né dans une famille nombreuse, celui qui a grandi à Saint-Denis avait révélé à sa mère son intérêt pour la danse. En revanche, comme il l’a expliqué l’an dernier dans Bonjour !, la matinale de TF1, le jeune homme a caché à son géniteur ses cours de danse, grâce à la complicité de sa famille.
© Abaca Press, Genin Nicolas/ABACA
"Toute la famille était au courant, a souri Kamel au micro de l'émission de Bruce Toussaint. Je suis issu d'une fratrie 12 enfants, mes grands frères (me disaient) 'Tu vas faire de la danse, c'est génial'... C'est ma mère qui a dit 'Tu veux aller faire de la danse, tu vas faire de la danse, et ton père on lui dira que tu fais comme tes frères, ou du foot ou de judo', et ça s'est fait comme ça..." Quatorze années plus tard, le Dionysien est devenu un chorégraphe à succès qui travaille sur les défilés de mode de maisons comme Ralph Lauren ou Tom Ford, des clips de Tom Jones et Mariah Carey ou la comédie musicale Les Dix Commandements. Il découvre alors avec une grande surprise Billy Elliot. "Quand j'ai vu ce film, je me suis dit 'mais en fait, c'est mon histoire ça', voleur !", a plaisanté Kamel Ouali dans Bonjour ! D’autant plus que, à l’image de ce grand succès, son père a accepté son choix de vie. "Première télé, c'était l'émission de Foucault, j'avais à peine 16 ans. Je lui ai dit 'Ce soir, regarde la télé', a poursuivi Kamel. Quand je suis rentré, il m'a dit 'La prochaine fois tu me le dis, que je le dise à mes amis.' !". Cet homme sensible se souvient que son père était "hyper fier" de lui.
© Abaca Press, Nebinger-Orban/ABACA
L’anecdote est d’autant plus touchante que, à 54 ans, le professeur de la Star Academy est lui-même devenu un père de famille nombreuse, très inquiet pour sa progéniture. En juin dernier, dans l’émission 50′ inside sur TF1, il a annoncé à la journaliste Isabelle Ithurburu qu’il était le papa de quatre enfants…et non deux comme on le croyait précédemment. “Je vais vous faire une confidence : je n’en ai pas deux, j’en ai quatre. J’ai Rock, Dante, France et Ava, a dit, amusé, Kamel Ouali. Il y a beaucoup de boulot à la maison.” Forcément car les petits sont âgés de 4, 3, 2 et 1 an ! “J’essaie de leur donner beaucoup, beaucoup d’amour, a confessé leur père. Je les emmène à l’école, je vais les chercher et à 21 heures, tout le monde fait dodo !” Comme tous les parents, le quinquagénaire a découvert une sensation inédite : “Depuis que j’ai des gamins, j’ai peur (…) Peur de tout, des conneries qu’on entend : des faits divers, des enlèvements, des attouchements… Je leur apprends très vite que leur corps leur appartient.” Compte-t-il pour autant en faire de futurs danseurs ? Pas nécessairement. “Je ne vais pas spécialement les mettre à la danse. Ce n’est pas inné. Et j’adore les gens qui ne savent pas danser. Les gens qui dansent, qui s’éclatent dans une fête et qui ne savent pas danser, ils me font ma soirée”, a conclu l’invité d’Isabelle Ithurburu.
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