Lorsque le succès de son premier album Petite amie, sorti en 2017, l’a propulsée sur les routes en 2018, Juliette Armanet a découvert presque simultanément deux bouleversements majeurs avec l’expérience des tournées et celle de la maternité. Quelques semaines seulement après ses derniers concerts, la chanteuse donnait naissance à son fils Abel, fruit de sa relation avec Florent Jacob, scénographe lumière, aujourd’hui terminée. Revenant sur cette période charnière, elle avait confié avec lucidité à Paris Match qu'"Il n’y a jamais de bon moment dans ce métier pour avoir un enfant, alors parfois c’est la vie qui choisit pour vous…". Depuis, l’artiste évoque régulièrement les défis que représente la conciliation entre vie personnelle et carrière musicale, particulièrement à l’approche de la quarantaine. "La quarantaine est un âge délicat. On a accompli certaines choses, d’autres pas", a-t-elle expliqué, soulignant notamment les nouvelles responsabilités qui accompagnent la maternité. "Je suis face à d’autres enjeux maintenant que je suis maman, et ce n’est pas simple de tout concilier, d’être à tous les endroits, de me demander si j’aurai un autre enfant tout en ayant une carrière à mener…". Et on a la réponse puisque Juliette Armanet est devenue maman pour la deuxième fois ! A l'affiche de La maison des femmes, l'artiste aux multi casquettes s'est confiée à Giulia Foïs pour Psychologies.
Elle a évoqué cette nouvelle naissance et le chamboulement que cela a représenté pour elle. "C’est, à chaque fois, l’expérience magique de la puissance du corps. Quand tu accouches, tu as terriblement mal, tu penses que tu n’iras jamais au bout de cette souffrance, et la sage-femme te dit : 'Si, vous allez y arriver…'", s'est-elle d'abord souvenue émue. Puis de reprendre : "Je revois le visage de cette femme, qui me regarde et qui me parle au moment où je suis en train de donner la vie… C’est tellement bouleversant que j’en tremble encore rien que d’en parler". Cette naissance s’est aussi accompagnée d’une réflexion plus large sur la responsabilité parentale comme l'a précisé à notre consoeur : "En même temps, la responsabilité, immense, de faire un enfant dans ce monde-là - qui plus est un garçon, avec cette conscience que j’ai, aujourd’hui, des rapports de genre… Ça rend très vulnérable. Mais c’est beau d’être vulnérable". "C’est ce qu’on se souhaite aussi dans la vie : pouvoir être atteint par des choses qui nous désarment. Moi, je me sens totalement désarmée, comme mère. Je n’ai pas de réponses, je n’ai que des questions. Et le sentiment de tout avoir à apprendre d’une personne qui fait cinquante-trois centimètres! [Rires]", a conclu Juliette Armanet vec humour.
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Dans son entretien à Psychologies, Juliette Armanet s'est aussi livrée sur son rapport au corps et au regard des autres. "La tournée de mon deuxième album, Brûler le feu, m’a métamorphosée. Concert après concert, j’ai engagé mon corps, j’ai affronté la foule avec et, petit à petit, j’ai dépassé mes peurs, mes blocages, mes complexes", a-t-elle confié, avant d'ajouter : "Je ne serai jamais une blonde d’un mètre quatre-vingt-dix, et alors ? Aujourd’hui, je ne me cache plus : je suis comme je suis, et justement, c’est là ma force. S’accepter, c’est s’affirmer. Ça n’est pas de l’arrogance, c’est une confiance, qui vous permet une forme de distance". Cette confiance retrouvée s’est aussi accompagnée d’un regard plus léger sur les codes de la séduction et de la mode comme elle l'a précisé mais aussi "d’autodérision. Parce que la séduction, c’est aussi un jeu". "J’ai mis du temps à le comprendre, mais grâce à la scène j’ai appris à m’amuser avec les codes vestimentaires. Et j’ai eu envie d’habiter mon corps de manière plus extravagante", a-t-elle conclu sereine.
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