Qui ne connaît pas le rire communicatif et les sketchs cultes des Chevaliers du Fiel ? Depuis plusieurs décennies, Éric Carrière fait tordre de rire les Français aux côtés de son éternel acolyte, Francis Ginibre. Écrivain, scénariste et humoriste, Éric Carrière, aujourd'hui âgé de 69 ans, a marqué l'histoire de l'humour en France. Mais si le grand public connaît par cœur ses personnages loufoques et ses répliques, sa vie privée et ses passions quotidiennes sont tout aussi riches.
Lorsque Éric Carrière s'éloigne des projecteurs des plateaux de tournage ou des planches de spectacles, l’homme de scène cultive avec ferveur une tout autre vie, intimement liée à la terre, aux vignobles et aux plaisirs de la table.
Cette passion pour le vin ne date pas d'hier, mais elle s’est considérablement affinée au fil du temps et de son amitié avec Francis Ginibre. Lors d'une récente entrevue accordée au journal Le Figaro, Éric Carrière s'est confié : "Originaire de Gaillac dans le Tarn, je suis né à l’ancienne, c’est-à-dire à la maison. Et juste au-dessus de la cuve à vins des ex-propriétaires qui étaient viticulteurs. Du côté de mes oncles et de mes cousins, tout le monde faisait aussi du vin à l’époque. Pour autant, pas d’une qualité formidable. En revanche, grâce à mes parents et aux parents de ma compagne, tous amateurs de vins, j’ai appris à apprécier les bons flacons. Ensuite, lors de nos tournées avec Francis, nous avons souvent été invités à en déguster d’incroyables." Une éducation du palais qui l'a mené à devenir un véritable connaisseur.
Au fil des années et des rencontres, Éric Carrière s'est constitué une collection vaste et pointue. Désormais, il achète ses flacons aussi bien lors de prestigieuses ventes aux enchères que directement en rendant visite aux producteurs. Ses goûts se sont affinés tout comme sa connaissance au rythme des dégustations. Au point qu'aujourd'hui, le comédien produit même son propre vin rosé !
Ses terres sont travaillées avec amour par le domaine Saint-Thomas, situé à Argelès-sur-Mer. "Alors bien sûr, il nous demande notre avis à ma compagne et à moi. Notamment pour le nom de notre rosé que nous avons baptisé L’Instant. Une très petite production de 3 000 bouteilles en AOC Collioure. Nous la servons à Toulouse dans notre restaurant, Le Jardin. Rosé gastronomique que l’on boit à table, il est à dominante de syrah avec un peu de mourvèdre pour la conservation. Ça marche super bien."
Cette opportunité s'est présentée presque par hasard, comme un joli clin d'œil du destin : "Nous avions goûté des vins très sympas de cette région. Un jour, nous inaugurions une Foire aux vins, à Toulouse. Sur un stand, j’ai dégusté un très bon Collioure. J’ai sympathisé avec le producteur, qui m’a téléphoné quelques mois plus tard pour me dire qu’il vendait deux lots de son vignoble. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’acheter une parcelle. Et ça nous plaisait bien que ce soit des gens du coin qui s’en occupent. La viticulture est un métier compliqué, hasardeux. Si une vigne est à vendre et que personne ne l’achète, c’est dramatique." Une démarche solidaire et passionnée qui porte magnifiquement ses fruits… et son jus !
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