Il faudrait peut-être quelques idées de génie pour aider l'enseigne Gifi à se sortir de la panade dans laquelle elle se trouve. Car rien ne va plus pour l’enseigne qui réalisait 1 milliard de chiffre d’affaires et 65 millions de bénéfices nets en 2022. Celle-ci a dû faire appel à un plan de sauvegarde, possible grâce au Crédit Agricole et BNP Paribas, qui ont apporté 100 millions d’euros et un effacement d’une partie de la dette contre 40 % du capital et la mise en retrait du fondateur et dirigeant Philippe Ginestet.
Libération, dans son édition du 10 février 2026, a mené une enquête sur le groupe. Ainsi apprend-on que la perte d'exercice pour 2025 pourrait atteindre les 80 millions d’euros. Mais pourquoi une telle baisse ? Tout d'abord, les choses ont évolué depuis le début des années 2000, époque où Philippe Ginestet a créé le groupe qui compte 700 magasins répartis dans 17 pays. Sont apparus de sérieux concurrents comme Maxi Bazar ou Action mais aussi Temu ou Alibaba en ligne.
Et puis il y a la famille Ginestet qui ne fait pas l'unanimité. Alexandre, le fils de Philippe n'a pas convaincu pour prendre le relais de son père et plusieurs dirigeants se sont succédé, sans jamais rester. Aucun d'entre eux d'ailleurs, pas même le fondateur, ne commente ce qu'il se passe aujourd'hui. "Philippe Ginestet, il a carrément placé le numéro de téléphone de Libération en 'indésirable' après un SMS et quelques tentatives d’appel", écrit le journal.
S'ils ne parlent pas, d'autres le font pour eux comme le président et fondateur du premier groupe textile français qui porte son nom, Roland Beaumanoir. "Je suis allé voir Philippe Ginestet chez lui à Villeneuve-sur-Lot. L’entreprise perd beaucoup d’argent et le métier a changé, ce que n’a pas forcément vu son dirigeant." Un dirigeant qui a justement refusé de belles offres par le passé, lesquelles auraient pu tout changer. En 2021, il a eu deux propositions. La première de la famille Zouari, intéressée par une enseigne de nature à "compléter Maxi Bazar et Stokomani déjà dans leur escarcelle". La seconde a été réalisée par le fonds d’investissement américain, Clayton Dubilier & Rice, déjà présent dans le capital de But et Conforama. Une proposition qui aurait atteint 1,3 milliard d'euros.
Libération évoque justement Moez-Alexandre Zouari qui possède Picard. La Zouari Family Office exploite aussi 3500 magasins de l'enseigne Casino, Monop et Franprix. Le groupe a aussi racheté il y a quelques mois une trentaine de magasins Gifi situés en Suisse. "Les salariés s’inquiètent bien sûr, mais de toute façon, ils sont inquiets depuis deux ans ", décrit un responsable syndical. Un sentiment légitime.
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