Le titre du documentaire de Mohamed Bouhafsi, La banlieue, c'est le paradis, ne manque pas d'intriguer. Une provocation ? Pas du tout, selon le journaliste qui s'est justifié dans une interview accordée à Diverto ce dimanche 16 février 2025. "Mon but, c'est qu'il interpelle", affirme-t-il auprès de nos confrères. Conscient des préjugés qui entourent ces territoires, le journaliste qui a été victime de racisme veut montrer une réalité souvent éclipsée par les faits divers.
"Quand on regarde la télévision, on a l'impression que la banlieue, ce sont des scènes de combat, des fusillades et des émeutes. En réalité, dans 99 % des cas, ce ne sont pas des zones de non-droit. On n'est pas à Tijuana", insiste-t-il. Ce projet, Mohamed Bouhafsi le porte depuis longtemps. Lui qui est né à Oran et a grandi à Saint-Denis sait ce que signifie vivre en banlieue. L'homme de 32 ans veut donner la parole à ceux qui y habitent, à ceux qui en sont partis et à ceux qui, comme sa propre mère, y vivent toujours.
"On parle souvent des habitants de la banlieue - la fameuse expression "les banlieusards" -, mais trop souvent à travers des caricatures ou des critiques", regrette-t-il. Avec des témoignages variés, de Franck Gastambide à Xavier Niel en passant par Jean-Louis Borloo et trois anciens présidents de la République, ce dernier cherche à illustrer toute la complexité et la richesse de ces quartiers.
Celui qui a reçu l'insigne du chevalier de l'ordre national du Mérite ne cache pas son émotion en évoquant son histoire personnelle dans son documentaire. L’une des séquences les plus marquantes pour lui reste une discussion avec sa mère. "Elle qui parle rarement s'est confiée comme jamais. On a oublié la caméra, et ce moment a ravivé des souvenirs d'enfance parfois douloureux", confie-t-il dans les colonnes de Diverto.
Malgré son parcours impressionnant, du journalisme sportif à son poste actuel de directeur général de 3e Œil Productions, Mohamed Bouhafsi garde un lien fort avec la ville où il a grandi. "Ma mère vit toujours à Saint-Denis, et j’ai un attachement profond à ces quartiers", souligne-t-il. Ce lien se retrouve dans le choix des images et des récits qui composent son film. Pour le chroniqueur de C à vous, la banlieue, ce n’est pas seulement une terre de difficultés, c’est aussi un lieu de solidarité, de créativité et de résilience.
Avec La banlieue, c'est le paradis, diffusé ce mardi 18 février à 21h05 sur France 2, le compagnon d'Angéline espère contribuer à un changement de regard sur ces territoires souvent mal compris. "Nous n'avons pas à rougir, nous faisons partie de la France", conclut-il avec conviction. Une vision qui promet d’ouvrir le débat et, peut-être, d’apporter un éclairage nouveau sur la banlieue française.
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