Mort de Jacques Vergès : Ses souvenirs vendus aux enchères sur saisie judiciaire
Publié le 23 janvier 2014 à 23:45
Jacques Vergès à Cannes le 17 mai 2007.
Jacques Vergès à Paris le 15 mars 2007.
L'avocat Karim Achoui à Paris le 20 août 2013
L'avocat Jacques Vergès à Paris le 29 novembre 2007.
Jacques Vergès à Paris le 18 mai 2008.
Karim Achoui à Paris le 1er décembre 2008.
L'avocat Jacques Vergès à Cannes le 17 mai 2007.
Jacques Vergès à Paris le 31 mai 2001. 

Mort au mois d'août 2013 à 89 ans, Jacques Vergès était sûrement l'avocat au plus grand nombre de détracteurs... mais aussi d'admirateurs. Cela s'est encore vérifié samedi, dans l'hôtel particulier qu'il occupait à Paris, où des centaines de personnes ont pris part à une vente aux enchères de ses biens personnels, sur saisie judiciaire, pour emporter un souvenir du "serial plaideur"...

Dans la cour de son dernier domicile, situé 20 rue de Vintimille, dans le 9e arrondissement parisien, ils étaient nombreux à être venus acheter un souvenir du controversé Me Vergès. "Il y avait du monde dans toute la cour et sous le porche jusqu'à la rue, c'était sidérant", a précisé Laurent Hara, l'un des commissaires-priseurs en charge de la vente. Parmi eux, bon nombre d'avocats, comme le sulfureux Karim Achoui, radié du barreau après ses condamnations, qui est ainsi reparti avec une des bibliothèques ainsi que du petit mobilier, dont une table de salon dont les enchères n'ont pas dépassé 10 euros, selon LeMonde.fr. La dernière collaboratrice de Me Vergès, Me Nollary Yim-Dunand, a elle aussi acheté de nombreux lots, dont le fauteuil de "l'avocat du diable", la tapisserie des Flandres et l'affiche originale de l'Appel du 18 juin 1940 décorant son bureau. Le bâtonnier Pierre-Olivier Sur est quant à lui reparti avec un des nombreux jeux d'échecs de l'avocat, vendus entre 450 et 1100 euros.

Tout était donc à vendre (ou presque), puisque les archives de travail ont été gardées au "nom du secret professionnel", et tout a trouvé preneur. A commencer par son bureau plat de style Louis XV, en placage acajou, pour 38 000 euros, son fauteuil de bureau, d'époque Empire (10 500 euros), une paire de larges fauteuils d'époque Empire estampillés de Bellangé et portant la marque au feu du château de Meudon (18 500 euros), des grandes statuettes africaines pour 4 900 euros et 3 200 euros, une lettre autographe du président Vincent Auriol (800 euros), une autre de l'écrivain Jean Genet (1 100 euros) ou encore un chapeau Motsch et un coffret de trois pipes (3000 euros).

Lors de cette vente judiciaire, intitulée "Succession de Jacques Vergès (1925-2013). L'âme du Serial Plaideur", le conseil de l'ordre en a profité pour enrichir la collection du musée du barreau de Paris. Pour 4 000 euros, il a acquis le buste en bronze du bâtonnier Henri-Robert (1863-1936) ou encore la correspondance entretenue par Jacques Vergès, enterré au cimetière du Montparnasse, avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Celle-ci sera offerte au barreau d'Alger.

Par Nicolas G. |
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