Absent de l'antenne de France Inter pendant de longs mois à cause d'une dépression liée à sa bipolarité, Nicolas Demorand s'est fait hospitaliser en hôpital psychiatrique. Pendant ces longues semaines à tenir, loin des micros, de son cadre habituel de vie, de la vie normale, et de toutes les activités qu'il avait l'habitude de réaliser, le journaliste de 55 ans a trouvé une distraction qui lui a permis de tenir, et même, de "renouer avec le plaisir" .
Invité par Benjamin Duhamel sur la matinale qu'il a lui-même animée pendant des années, l'ex-acolyte de Léa Salamé a raconté ce conseil salvateur donné par l'écrivain Philippe Lançon alors qu'il était là-bas. "Il a été essentiel, il m’a envoyé des SMS pendant que j’étais malade. Je lui ai dit que j’étais à l’hôpital, il m’a répondu 'j’espère au moins que tu lis'. Je lui ai dit que j’en étais incapable. [...] Il m’a dit 'recommence avec le polar'. J’y suis allé, j’en ai lu plusieurs dizaines. 'La clé de tout ça, me disait Philippe Lançon, c’est le plaisir, il faut retrouver le plaisir.' Et le polar, c’est le plaisir. A partir du moment où vous trouvez le plaisir, vous sortez de la dépression", a-t-il raconté.
Des confidences fortes sur cette période d'internement forcée, pendant lesquelles il a été victime, notamment, d'hallucinations visuelles. "Dominique de Villepin débarque dans ma chambre en pleine nuit, [...] il est en costard bien taillé, le pli du pantalon parfaitement repassé et avec la voix qu’on lui connaît, il s’emporte sur la diplomatie française, son manque de curiosité, son manque d’allant, son manque d’inventivité qui font que le Sud global a été laissé de côté. [...] Je cligne des yeux, et pof, il disparaît", a notamment rapporté le journaliste à propos de "ces images extraordinaires marquantes".
De cette expérience de phase maniaque de sa maladie où sa liberté était annulée, il a tiré un podcast, Si besoin, disponible sur les plateformes d'écoute. "Je n’ai absolument aucun souvenir de ma première hospitalisation, le 11 novembre dernier. Dans les heures qui la précèdent, mes proches me décrivent dans un état de confusion absolue. Ils citent un ensemble stupéfiant de faits, de scènes, d’actes, de paroles, tous plus inquiétants les uns que les autres. Mais rien n’y fait : ma mémoire dysfonctionnant, je ne crois pas un mot du portrait apocalyptique de ma personne. Seul souvenir : la voiture de mon cousin, direction Sainte-Anne", y expose-t-il en guise d'introduction.
En plus de cette création (très) personnelle, Nicolas Demorand sera de retour sur les ondes de France Inter à la rentrée. Mais cette fois, il officiera le week-end pour une émission d'une heure qui reviendra sur l'actualité de la semaine passée. Se lever tôt et retourner dans le torrent de stress du matin comme il l'a fait pendant (trop) longtemps ? Comme il l'a confié à Télérama le 14 juin 2026, il n'y a même pas pensé. "Je n’ai même pas exploré l’idée d’animer à nouveau la matinale : ce serait irresponsable avec ma santé. Au total, je l’ai fait pendant presque vingt ans. J’ai beaucoup donné, beaucoup reçu. Je suis un bipolaire de 55 ans qui a été hospitalisé plusieurs fois en pleine année radio, je vais commencer à faire gaffe ", a-t-il indiqué à nos confrères.
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