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Red Hot Chili Peppers: Maggie et un magicien nommé Klinghoffer, une renaissance

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C'est une nouvelle ère pour les Red Hot Chili Peppers. D'une certaine manière, Stadium Arcadium, dernier album en date du groupe californien emmené par Anthony Kiedis, paru en 2006, marquait la fin d'une époque : avec ses allures de "best of original", condensant étonnamment les différentes facettes de la signature Red Hot sur un double CD au look de compil' (avec cette hideuse cover datée à la Superman in the sky) et à la matière panachée, il se faisait le miroir d'un peu plus de 20 ans d'une existence qui a notamment tangué artistiquement au gré des addictions de ses membres à la drogue, incarnation mimétique d'un lifestyle trash, celui de Los Angeles. Un album qui fut le premier de la carrière du groupe à occuper la première place des charts.

Welcome in Pepperland : la renaissance des Red Hot

Si l'album Californication portait, quant à lui, des éléments d'une renaissance et d'un lien fort à la vie, en lien avec la désintoxication du guitariste héroïnomane et non moins précieux John Friusciante, I'm with you, dixième album des RHCP qui paraîtra le 26 août 2011 et produit par le gourou barbu de la rock-prod' Rick Rubin (partenaire du gang de Kiedis depuis Blood Sugar Sex Magik en 1991), est très ouvertement une seconde naissance pour le groupe de la Cité des Anges. Si la seconde carrière est à la hauteur de la précédente, sanctionnée de 7 Grammy Awards et 65 millions d'albums vendus, on ne s'en plaindra pas.

"Pas l'ombre d'un doute : c'est un commencement", assène Kiedis ; "c'est toujours le même nom, mais c'est un nouveau groupe", renchérit Chad Smith ; "c'est une renaissance pleine de sens et rafraîchissante pour nous", complète Flea. Une genèse entérinée par le single The Adventures of Rain Dance Maggie dévoilé le 15 juillet, le premier de l'ère post-Frusciante, l'emblématique John Frusciante ayant largué les amarres. Pour de bon, cette fois. Après son pétage de plombs de 1992, où, effrayé par le succès fulgurant et colossal du groupe avec l'album Blood Sugar Sex Magic (et peut-être, aussi, déjà "désorienté" par la came - marijuana et héroïne), il mit les voiles brusquement, John Frusciante, qui avait réintégré - clean - la formation en 1998, a profité de la mise en sommeil des Red Hot après la tournée de Stadium Arcadium pour partir, paisiblement, se consacrer à d'autres projets. Fan des Red Hot première génération dans les années 1980, devenu la corde sensible du groupe (reprenant le flambeau après la mort par overdose de son idole le guitariste Hillel Slovak, qui précipita par ailleurs le départ du batteur Jack Irons, dévasté) et l'un des guitaristes les plus révérés de son temps, John Frusciante, en partant, a assassiné le line-up de référence des Chilis - Flea, Kiedis, Frusciante et Smith - qui accoucha des albums Mother's Milk (1989), Blood Sugar Sex Magik (1991), Californication (1999), By the Way (2002), et Stadium Arcadium (2006). Depuis, Frusciante a sorti le concept album The Empyrean, son dixième effort solo, et a participé à un certain nombre de projets, accompagnant la Française Catherine Ringer sur le titre Prends moi de son récent album Ring n'Roll.

Et Zorro est arrivé... ou comment l'alter ego de Frusciante a relancé RHCP !

C'est son grand complice Josh Klinghoffer, multi-instrumentiste qui avait assisté les Red Hot sur le Stadium Arcadium Tour et accompagna Frusciante sur des projets personnels (notamment le groupe Ataxia), qui l'a remplacé en 2009 (officialisé début 2010) au sein du groupe. Pour ce premier morceau dévoilé avec sa participation, Klinghoffer se met immanquablement en évidence : The Adventures of Rain Dance Maggie, soutenu par la basse démentiellement groovy de l'incomparable Flea et marqué par un refrain étrangement rasoir dans la forme, n'aurait pas réellement d'empreinte sonore marquante autre que la voix de Kiedis (un flow et une ligne mélodique convenus) sans ces jeux de guitare superposés qui zèbrent le morceau : les nervures tortueuses qui saignent les couplets et résonnent dans la pénombre de la basse, les mute occasionnels qui trimballent leur look funk par surprise, l'accouplement des accords cristallins et des phrases mélodiques élégiaques du refrain, les résonances multiples de la dernière minute... Une variété, une densité et une texture qui obligent à dire, dès ce The Adventures of Rain Dance Maggie (qui fleure bon, dans le texte, le passé de culbuteur de groupies de Kiedis), que Josh Klinghoffer entraîne les Red Hot sur une nouvelle voie. Prémonition d'un album, I'm with you, qui ne sera pas nécessairement guitar-driven, mais auquel l'électricité poétique et sinueuse de la six cordes du nouveau maître donnera son supplément d'âme.

Il convient tout de même d'ajouter à la recette la nouvelle érudition de Flea, qui, très versé philanthropiquement dans l'éducation par la musique, a lui-même suivi des cours de théorie musicale à l'Université de Californie du Sud durant la pause du groupe, et a également appris le piano, à la base de la compo de certains morceaux. Klinghoffer aussi a composé certains morceaux au piano, comme le signale Anthony Kiedis, décrivant une nouvelle dynamique et une sensation "poétique, liquide", transposée ensuite pour le format "groupe de rock".

Josh Klinghoffer, le détonateur, l'esthète

L'apport inédit de Josh Klinghoffer, Rick Rubin, encyclopédie vivante du rock contemporain, ne manque pas de le souligner : "Il a joué pendant de longues années avec John Frusciante, a tourné avec les Red Hot Chili Peppers et fait partie, en quelque sorte, de la grande famille. Dans son style, il est très proche de John mais dans un "trip" complètement différent. Ce qui fait sonner les Red Hit Chili Peppers comme jamais auparavant." Flea, lui, évoque un musicien "subtil" : "Il n'est pas versé dans le gros riff - son jeu à lui est plus dans la nuance, la beauté, une texture poétique. Nous, on se contente de nous adapter à lui, et cela nous fait jouer différemment. Ça sonne toujours Red Hot Chili Peppers, mais c'est en réalité très différent."

Même le titre de l'album, c'est à Klinghoffer que les RHCP le doivent : dans l'impasse et tentés de baptiser cet opus d'après une de ses chansons (option retoquée par Rick Rubin), le guitariste a emporté l'adhésion à 24h de la date butoir en griffonnant ces mots, "I'm with you" et en les mettant sous les yeux de ses partenaires. Consensus immédiat autour de ce titre "ouvert", cette "invitation" qui semble en adéquation avec l'esprit que le groupe veut conférer à cet album.

Pour ce qui est du visuel choc, en revanche, on vous arrête tout de suite : l'artwork montrant une mouche travaillant une gellule n'est pas l'oeuvre de la nouvelle recrue mais du richissime artiste anticonformiste britannique Damien Hirst, particulièrement célèbre pour ses travaux morbides et notamment sur des cadavres d'animaux conservés. Anthony Kiedis, lui, ne veut pas verser dans l'exégèse : "C'est de l'image. C'est de l'art. Iconique. On ne lui donne pas de sens, c'est clairement ouvert à l'interprétation."

Du côté du clip à venir, signalons que c'est à la toute jeune (22 ans) Kreayshawn (Natassia Zolot), qui s'était illustrée en réalisatrice pour Lil B' et en rappeuse avec Gucci Gucci (hymne anti-fringues de créateur), que le groupe a fait appel. La jeune femme a par ailleurs décroché en juin un contrat chez Columbia.

Nouveau look pour une nouvelle vie

Difficile enfin de ne pas noter, presque comme un symbole de cette métamorphose artistique, la transformation physique du charismatique frontman Anthony Kiedis, qui saute à la tronche. Jason Lee de My Name is Earl, Brüno de Sacha Baron Cohen ou même un Comanche végétalien, les gars de Rock and Folk ne l'ont pas reconnu : "Moustache, posture droite, mèche sur le côté et teint hâlé en disent plus qu'un long discours", postule le magazine spécialisé. Au vu des photos, on ne peut s'empêcher non plus de penser au Gary Oldman du 5e Element. En tout cas, adieu la tignasse grunge coulant le long du corps ligneux... Voilà quelques années que cet ancien parangon de la trashitude folle des rockstars, aujourd'hui âgé de 48 ans et marqué par 30 ans dans le rock (plus 10, ado, dans la fièvre du showbiz), s'est rangé : clean au moins depuis le milieu de la dernière décennie, il milite auprès de la jeunesse pour les campagnes de sensibilisation aux drogues. Il bouffe bio. Et il tente même de porter son enfance à l'écran, lorsque son débauché de père, Blackie Dammett alais Spider, un acteur de second plan, mit le pied de son gamin tout juste ado à l'étrier de tous les excès, entraîné dans le tourbillon de drogue et de fiesta du showbiz de L.A.

Rock and Folk prend note que le projet Spider and Son, pourtant alléchant, est au point mort : "Trop chaud, même pour les chaînes du câble. J'aurais pourtant adoré recréer l'ambiance dingue du Sunset Strip et de West Hollywood dans les années 1970, évoquer tous ces personnages que mon père et moi avons connus... Une sorte d'hommage ultime à mon père et à cette époque de liberté révolue pour toujours."

En attendant, les Red Hot Chili Peppers, eux, entrent librement dans une époque nouvelle.

Guillaume Joffroy

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