Quand il ne fait pas rire les auditeurs de RTL aux côtés de Laurent Ruquier, Steevy Boulay enfile son tablier de jardinier. Révélé en 2001 dans la première saison de Loft Story, le chroniqueur de 46 ans a su pérenniser sa présence médiatique tout en cultivant un attachement viscéral à sa ville de cœur, Le Mans. Mais depuis fin 2023, c'est sur un tout autre terrain qu'il s'épanouit : celui de la botanique. Dans une dépendance de sa propre maison de ville, l'ancien lofteur a donné vie à HautJardin, une boutique hybride pensée comme le prolongement direct de son univers personnel. Deux ans et demi après son lancement, l'engouement ne faiblit pas pour ce repaire verdoyant qui attire aussi bien les habitués du quartier que les curieux venus de toute la France. Un projet de cœur devenu une véritable entreprise florissante, portée par l'énergie communicative d'un passionné qui n'hésite pas à mouiller la chemise pour accueillir ses clients.
Pour concrétiser son rêve, Steevy Boulay n'a pas cherché un local commercial impersonnel dans une zone d'activités. Il a simplement ouvert les portes de sa demeure des années 1900, située au 52, avenue du Général-Leclerc. Ce lieu est son refuge depuis plus de deux décennies. Il y a patiemment façonné un extérieur remarquable, peuplé d'arbustes exotiques, de fougères généreuses, de plantes grimpantes et même d'une cascade serpentant au milieu des rocailles. Plutôt que de garder ce havre de paix secret, il a fait le choix de transformer son entrée et une pièce de sa maison en espace de vente. Le décor donne le ton : cascades de plantes suspendues, végétaux d'intérieur et d'extérieur soigneusement sélectionnés, mobilier chiné en France et en Italie, mais aussi pièces d'artisanat sarthois. Le visiteur n'entre pas dans une simple jardinerie, il pénètre littéralement dans l'univers végétal du maître des lieux.
Chez HautJardin, pas de délégation distante ni d'opération purement marketing. Steevy Boulay s'occupe de tout, du vendredi au dimanche. Pour approvisionner ses rayons, il est sur pied dès 5 h 30 avant d'ouvrir ses portes aux visiteurs. Sur place, il conseille, détaille l'entretien de chaque variété, encaisse et échange volontiers quelques souvenirs d'antenne avec les clients. Cette implication totale l'amuse le premier. Dans une vidéo partagée récemment sur les réseaux sociaux, le sociétaire des Grosses Têtes confiait avec humour perdre régulièrement toute notion du temps lorsqu'il s'occupe de sa boutique : "Le week-end dernier, je te jure, je commence à avoir un peu faim. Puis j'étais tout seul, je regarde l'heure : 17 heures. Je n'ai rien vu passer !". Une anecdote révélatrice du plaisir qu'il prend à faire vivre cet espace, devenu ce qu'il appelle volontiers sa "deuxième maison".
Cette aventure mancelle n'éloigne pas pour autant Steevy Boulay des planches et des studios parisiens. Toujours fidèle au micro de RTL, il continue de jongler entre ses engagements artistiques et ses projets au théâtre. Mais Le Mans reste son point d'ancrage indiscutable. En réussissant le pari d'un commerce indépendant et chaleureux, apprécié aussi bien par les passionnés de décoration que par les habitants, l'ancien pensionnaire du Loft prouve qu'une reconversion peut être à la fois sincère et rentable. Au milieu de ses fougères et de ses objets chinés, Steevy Boulay semble avoir trouvé la formule idéale pour conjuguer notoriété et vie de quartier.